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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 18:00
Lycée Margueritte de VerdunProfitant de la journée portes ouvertes du 9 février, je me suis déguisé en petite souris afin de partir à la découverte du plus grand lycée de Meuse : le Lycée Jean-Auguste Margueritte de Verdun (Google maps).

En fait, le lycée Margueritte (Margot pour les intimes) est divisé en deux sites : le site Vauban dans lequel se trouve la galerie Diastole Systole ainsi que le "Groupe Technique Industriel", et le site Galland qui accueille les filières générales. En cette belle journée ensoleillée je m'étais plutôt dirigé vers la place Galland, attiré que j'étais par les vestiges de colonnades que l'on peut apercevoir des grilles extérieures.

Lycée Margueritte de VerdunPour ne rien vous cacher, j'ai rapidement enlevé mon costume de petite souris avec lequel j'avais un peu de mal à passer inaperçu, et je me suis dirigé vers ce qui semble être la partie la plus ancienne de l'établissement.

Le site Internet du lycée Margueritte vous expliquera beaucoup mieux que moi l'histoire de ces bâtiments (ancien séminaire, congrégation notre Dame, vestiges de l'ancien couvent de chanoinesses, etc.) qui n'ont cessé d'évoluer au fil des années. c'est vrai qu'il en aura fait du chemin cet établissement, du collège de jeunes filles ouvert en 1907 jusqu'au lycée qui peut accueillir aujourd'hui les 1200 élèves du pôle Galland. En un siècle d'existence il aura connu de nombreux bouleversements : créé dans le contexte de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat, il traversera les deux guerres, puis les événements de mai 1968 pendant lesquels les enseignants et les agents du lycée bloqueront les locaux afin de protester contre ce qui ressemble alors plus à une caserne qu'à une école.

Entre-temps, Georges Pompidou en personne viendra inauguré en 1963 la "Cité Technique" qui deviendra ensuite le lycée professionnel Vauban avant d'être définitvement rataché au lycée Margueritte sous le nom de "Groupe Technique Industriel" en 1989.

Lycée Margueritte de VerdunLes années 70 voient la disparition de la blouse obligatoire, l'autorisation des cheveux longs et des barbes, la création du foyer socio-éducatif, l'apparition de plusieurs fanzines et même de "Radio Margot" qui émet trois fois par semaine au réfectoire entre 12 et 13 heures (mais qui a aujourd'hui disparu).

Voilà, j'arrive à la fin de ce petit article et je m'aperçois que je ne vous ai pas parlé de Jean-Auguste Margueritte et de sa petite famille. Disons que ce n'est que partie remise...

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 19:42
Kiosque à musique de VerdunPas facile de trouver des informations sur ce kiosque à musique situé sur la promenade de la digue de Verdun (Google Maps).

Je vous apprendrai juste qu'il fût construit entre 1878 et 1880 sur un terrain de l'hospice Ste Catherine qui borde la Meuse. Il faut croire que les verdunois, furent ravis par l'aménagement de cet espace arboré puisque Louis Maury (le Maire de l'époque qui succédait à Nicolas Armand Buvignier) fut réélu après avoir réalisé cet ouvrage.

Il me semble qu'aujourd'hui ce kiosque ne sert plus qu'à de rares occasions comme la fête de la musique, mais je suis sûr que tous ceux qui habitent depuis plus longtemps que moi à Verdun doivent avoir pas mal d'annecdotes à raconter à son sujet...
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 17:02
Château d'Hattonchâtel Village médiéval perché au sommet d'un éperon rocheux, Hattonchâtel est vraiment un lieu qui mérite le détour (Google Maps).

La vue qui s'offre à vous une fois là-haut est tout bonnement impressionnante. Vous dominerez la grande plaine de la Woëvre, ses champs et ses mirabelliers, vous surplomberez les vignes des Côtes de Meuse et le lac de Madine, et aurez une vue imprenable sur la butte témoin de Monsec située pourtant à plus de 10 km. Rien que pour cela ça vaut le coup d'y aller. Mais d'autres surprises vous y attendent...

En 860 (nous sommes alors à l'époque carolingienne, 17 ans seulement après la signature du Traité de Verdun) l'Evêque de Verdun, Hatton, trouve le panorama plutôt mignon et il décide alors de construire sa résidence principale sur cette bute. Comme il est plutôt du genre friqué, en guise de résidence il construira... un château fort et, prétentieux comme il est, il donnera son nom à cette cité : Hattonchâtel. Celle-ci deviendra au Moyen-Age la première forteresse de l'Evêché de Verdun et le siège ordinaire de sa cour des Grands-jours (une cour de justice). Hattonchâtel fût également le principal lieu où les évêques faisaient frapper la monnaie et ce jusqu'en 1546 (mais seulement lorsqu'elle n'était pas sage !).

Place d'Hattonchâtel En 1636, les méchants suédois qui avaient dévasté l'Abbaye de l'Etanche quatre ans plus tôt s'en prennent à Hattonchâtel. Le siège dure quinze jours et la ville est ensuite saccagée et brûlée (et après on nous vante les mérites du dialogue social dans les pays nordiques ! laissez moi rire !).

La ville subira ensuite les assauts de la Première Guerre mondiale et sera reconstruite par la bienfaitrice marraine du village, j'ai nommé la richissime américaine Miss Belle Skinner (1866-1928). Née Ruth Isabel Skinner dans une ville du Massachusetts qui portait le nom de sa fortunée famille (Skinnerville), elle contribua à l'effort de guerre en distribuant de grandes quantités de vêtements et d'argent. Se baladant dans les régions dévastées de l'est de la France en 1919, elle tomba amoureuse du village d'Hattonchâtel dont la totalité des infrastructures avaient été détruites et décida de l'adopter. Elle invita ensuite tous les riches américains à adopter leur petit village français et devint tout naturellement Présidente du "American Committee of Villages Libérés". Ce qui lui vaudra de recevoir du gouvernement français la Médaille de la Reconnaissance Française en 1919, et en 1920 la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.

Cloître d'Hattonchâtel En tout elle déboursera un bon million de dollars pour reconstruire Hattonchâtel (château, école, mairie, lavoirs, réseaux électriques, etc.). C'est l'architecte normand Henri Jacquelin qui s'occupera du château de 1923 à 1928 et qui en fera l'ultime château "troubadour" de la Lorraine.

Bref, aujourd'hui Hattonchâtel est un bien joli village dans lequel il fait bon errer. Vous y découvrirez de superbes maisons à arcades gothiques, des lavoirs très... spéciaux, un monument aux mort sculpté par Ernest Nivet, une mairie tout bonnement splendide, un cloître du XIVe siècle et l'église collégiale Saint-Maur qui abrite un retable Renaissance en pierre sculptée polychrome de 1523 attribué à Ligier Richier. Et n'oubliez pas de faire le tour du village en empruntant le chemin de ronde !

Il ne vous reste plus alors qu'à visiter le musée Louise Cottin (grand prix de Rome en 1934) avant de vous poser enfin à la terrasse du petit bar-restaurant, à l'allure bien sympathique, idéalement positionné dans l'axe du Château.

Alors ? C'est pas tentant tout ça ?

Hattonchâtel Hattonchâtel Hattonchâtel Hattonchâtel
Hattonchâtel

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 20:15
L'Ossuaire de Douaumont sous la neigeComme je vous l'avais dit il y a quelques jour, il a neigé à Verdun et dans les alentours. Impossible dès lors de ne pas profiter du week-end pour multiplier les clichés dans la région.

Nous avons donc mitrailler le célèbre Ossuaire sous son linceul blanc (une autre photo ici) ainsi que le village détruit de Fleury-devant-douaumont avant de nous rendre pédestrement (impossible d'y aller en voiture car la pente était raide et non déneigée) à la tranchée des baïonnettes.

Enfin, nous avons fini notre balade beaucoup plus au sud, du côté d'Hattonchâtel, mais cela fera l'objet d'un autre article d'ici peu...

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3 février 2008 7 03 /02 /février /2008 18:15
La Tranchée des BaïonnettesJuin 1916, le 137e R.I. s'apprête à lancer une attaque contre les lignes ennemies. Les hommes, pour la plupart originaires de Vendée ou de la Loire Inférieure, ont mis la baïonnette au canon car les munitions se font rares et les nuages de poussière soulevés par les bombardements allemands risquent d'enrayer les armes. Tout à coup, alors qu'ils s'apprêtaient à franchir le parapet, un obus allemand explose à proximité et 57 hommes sont ensevelis vivants par l'explosion, la terre ne laissant dépasser que les pointes des baïonnettes de ces valeureux soldats morts, debout, face à l'ennemi.

Voilà pour la légende.

L'histoire, elle, est un peu différente. Du 10 au 12 juin 1916 nos soldats bretons et vendéens essuient un bombardement intensif et repoussent à plusieurs reprises les charges allemandes à coup de grenades. Ceux qui ne réussissent pas à s'enfuir meurent les uns après les autres sous les balles, les obus et les gaz de combat. A court de munitions, les rares survivants sont faits prisonniers par les allemands. Les morts sont quant à eux rapidement enterrés dans une tranchée devenue inutile, des fusils plantés verticalement faisant office de croix pour indiquer l'emplacement de la fosse.

La Tranchée des Baïonnettes La légende fera pourtant le tour du monde grâce à la presse qui découvre le site après-guerre et qui le baptisera tout d'abord "Tranchée des fusils" (et oui, il n'y avait pas de baïonnettes dans la vraie histoire) avant de lui donner le nom plus évocateur de "Tranchée des baïonnettes". Un riche banquier américain, Georges T. Rand, frappé par la symbolique de l'histoire, fit un don de 500 000 francs pour que soit construit un mémorial au dessus même de la tranchée, dans le but de la protéger.

Des fouilles débutèrent alors en juin 1920 pour l'édification de ce monument et permirent d'exhumer 21 corps dont 14 seulement seront identifiés. Tous étaient allongés et désarmés, ce qui allait plutôt dans le sens des témoignages des anciens combattants du 137e RI, qui ont exprimé plus d'une fois leur mépris face à la création de ce mythe. Cela ne stoppa pourtant pas l'édification du mémorial qui deviendra tout à la fois un lieu de recueillement et une curiosité touristique. Les 14 corps identifiés furent inhumés dans le cimetière militaire de Fleury-devant-Douaumont avant d'être déplacés à l'Ossuaire lorsque le cimetière fût désaffecté. Les sept autres corps reposent toujours dans la "Tranchée" parsemée de répliques des pointes de fusils, leurs emplacements étant indiqués par des croix blanches en bois.

L'imposant monument de béton, conçu par l'architecte André Ventre, sera finalement inauguré le 8 décembre 1920 par le Président de la République, Alexandre Millerand, au bois Morchée (Google Map). La porte métallique qui donne accès au mémorial est quant à elle l'œuvre d'Edgard Brandt, ferronnier d'art, qui réalisera aussi en 1923 le brûloir en bronze où palpite la flamme sur le tombeau du Soldat Inconnu de l'Arc de Triomphe.

  • Pour voir la propagande officielle de 1920 il faut aller
  • Pour la vérité historique il faut plutôt aller ici

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 07:00
Abbaye de l'EtancheL'idée de cette promenade nous est venue de la lecture des aventures de Therion sur le forum Trekking en Meuse ; il faut dire que sa visite nocturne de l'Abbaye de l'Etanche avait de quoi nous intriguer...

Figurez-vous qu'au lieu-dit l'Etanche (Google maps) fut fondée en 1138 un monastère cistercien par Albéron de Chiny, évêque de Verdun (si je ne me trompe pas, le plus connu des cistercien étaient un gros chien poilu avec un tonneau autour du coup et répondant au nom de Saint Bernard). L'Evêque de verdun le confia (le monastère pas le chien !) en 1144 à Philippe, abbé de Belval-en-Argonne et membre de l'Ordre des Prémontrés, qui en fit une abbaye.

Pillée en 1632 (certains disent qu'il s'agissait de méchants suédois, d'autres parlent d'une horde de croates sanguinaires), elle restera abandonnée cinq ans. Si l’on exclut cette période, l'abbaye aura donc été occupée pendant 600 ans. Elle sera ensuite reconstruite de 1743 à 1770, puis vendu en 1791 et servira alors de ferme, la petite église au fronton baroque faisant office de grange. Les derniers abbés en place se seraient alors écrié "Mon Dieu !" avant de disparaître les uns après les autres.

Abbaye de l'EtancheLa chapelle et le bâtiment conventuel ont été classés "Monuments Historiques" par arrêté du 5 décembre 1984 et le domaine de l'Etanche appartient aujourd'hui à une société civile dirigée par de riches luxembourgeois (pléonasme ?). Voilà pour l'histoire, allons maintenant voir ça de plus près.

Sur les conseils de Therion nous nous sommes donc garé au pied de l'église de Deuxnouds-aux-Bois (commune de Lamorville) et avons emprunté la rue de l'Etanche. La première chose que l'on remarque c'est que ça monte. En effet Deuxnouds et l'abbaye se trouvent tous deux au fond d'une vallée, mais il ne s'agit pas de la même vallée. Résultat : 275 m d'altitude au départ et à l'arrivée et un "pic" à 360 m entre les deux. Bref, on a les cuissots fermes depuis cette balade.

Après une petite demi-heure de marche nous arrivons donc en vue de l'Abbaye de l'Etanche. Ce qui frappe c'est son état de délabrement. Laissée à l'abandon, sans surveillance et sans aucune restauration depuis une dizaine d'années, elle semble être régulièrement visitée d'une part par des jeunes qui doivent improviser des soirées à l'intérieur (en témoignent les nombreuses fresques d'art néo-rupestre bombées à la fin du XXe ou au début du XXIe siècle), et d'autre part par des pilleurs de métal. Toute la zinguerie a en effet disparu, laissant le bâtiment à la merci des éléments, l'eau s'infiltrant partout. On en vient à se demander pourquoi la bâtisse conserve encore aujourd'hui son nom d'Abbaye de l'étanche...

abbaye de l'EtancheLes murs pourrissent, le lierre s'infiltre par les fenêtres sans vitre, et un pan entier des bâtiments s'est effondré il y a peu. A l'intérieur on n'ose à peine marcher sur les planchers du rez-de-chaussée de peur d'atterrir directement à la cave. Nous nous contenterons donc de jeter un rapide coup d'oeil en restant sur la dalle en dur, sans même envisager la possibilité de monter à l'étage.

Paradoxalement, la chapelle qui semble pourtant être la partie la plus ancienne de l'édifice est aussi l'endroit où l'on se sent le plus en sécurité. La voûte du XVIIIe siècle a été habilement colmatée à l'aide d'un grossier ciment du plus bel effet, et une ancienne ouverture, aujourd'hui condamnée, a été renforcée par un linteau constitué d'une poutrelle métallique délicieusement anachronique dans ce cadre roman. L'architecte des Bâtiment de France trépasserait sur place à la vue d'un tel carnage.

Et malheureusement, rien ne laisse présager une rénovation prochaine de ce bâtiment classé puisque le richissime propriétaire des lieux semble plus intéresé par la chasse et la défiscalisation auquel lui donne droit ce monument classé, et qu'aucune collectivité local n'a vraisemblement les moyens de restaurer ce monument en péril.

Bref, dépêchez-vous d'y faire un tour avant qu'il n'en reste plus rien...

Affaire à suivre...

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 19:27
Il a neigé sur VerdunQu'est-ce que celà signifie ? Tout simplement qu'il vient de rejoindre le cercle restreint des over-blogs dont le BlogRank dépasse régulièrement 75/100. En clair ça veut dire qu'il fait partie des mille blogs les plus populaires de la plateforme over-blog qui en contient... 700.000.

Youpi !!

Concrètement cela signifie principalement le doublement de l'espace de stockage, la liberté de créer des albums photos à volonté, ainsi que la possibilité d'intégrer (enfin) des scripts dans le code source des pages de ce blog.

Pour fêter cela, et pour vous remercier de nous être aussi fidèles, je vous offre une photo des premiers flocons de l'hiver qui viennent de tomber (avec parcimonie) sur Verdun. Et puisqu'une surprise ne vient jamais seule, je vous offre également une page météo qui vous donnera en permanence la météo de la Cité de la Paix.

Cette page est dorénavant accessible dans la colonne de gauche.

Encore merci à vous tous :)
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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 19:36
undefinedPour changer un peu de la monographie Buvignier, voici une photo prise de la sortie sud de Verdun, au niveau des Veilleurs de la Paix.

Au premier plan sur la gauche on distingue le canal de l'Est, et au fond à droite la Meuse.

Comme on ne voit rien sur cette petite vignette, n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour l'agrandir.bug_fck
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 07:00
Façade de la chapelle Buvignier de VerdunC'est en l'année 1570 du calendrier julien que l'Evêque de Verdun Nicolas Psaume fonda le collège des jésuites qui deviendra 3 siècles et demi plus tard le collège Buvignier.

La chapelle fut construite bien après le collège, de 1731 à 1735, par un architecte jésuite nommé René Maugrain sous l'épiscopat de Charles François d'Hallencourt à qui l'on doit également le Palais épiscopal qui abrite aujourd'hui le Centre Mondial de la Paix. Reliée dès son origine au collège, elle était le lieu des offices des frères jésuites, et elle recueillit le tombeau du coeur de Nicolas Psaume jusqu'en 1990, date à laquelle il fut transféré dans la Cathédrale.

Après avoir subit les bombardements des deux guerres mondiales, la chapelle est aujourd'hui désacralisée et a été reconvertie en salle d'exposition.

Si vous souhaitez briller en société, vous pourrez également faire remarquer à vos convives lors de votre prochaine soirée de charité que, d'une part, contrairement à l'idée reçue il ne s'agit pas de la chapelle Buvignier mais de la chapelle Saint Nicolas, du nom de l'ancienne église liée à l'hôpital Saint Nicolas qui se trouvait à cet emplacement ; et d'autre part, que ce Saint Nicolas n'a bien évidement rien à voir avec Nicolas Psaume puisque ce dernier n'a jamais été béatifié.

Façade du collège Buvignier de VerdunPour en revenir au collège, il a été reconstruit en 1890 par l'architecte Chenevier (à la même époque que le Mess des Officiers et le Théâtre), et c'est en 1910 que la municipalité de Verdun décida de lui donner un nouveau nom. S'en suivit un débat interminable pour déterminer lequel des trois frères Buvignier était le plus méritant. Armand Buvignier était Maire de Verdun ! disaient les uns. Oui mais Isidore était Député de la Meuse ! répondaient les autres. Mais alors que dire de Charles qui fut Sénateur ? Insistaient les derniers.

Au final, il fut décidé que le collège porterait le nom de la famille Buvignier toute entière qui avait fait tant de bien à Verdun et à la République, et tout le monde fut content.

Pour l'anecdote, on peut enfin noter que de nombreuses personnalités sont passées par ce collège. Citons simplement Jules Bastien Lepage qui y donna ses premiers coups de pinceaux, et le père de Danielle Mitterrand qui y officia comme proviseur en 1924. Il doit y en avoir beaucoup d'autres mais je laisse le soin aux milliers d'anciens élèves qui ont fréquenté les bancs du collège Buvignier d'en dresser la liste ci-dessous...

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 07:35
Buste de Charles Buvignier Après Armand et Isidore, passons au troisième et dernier frère Buvignier : Charles Jean Victor (1823-1902) qui, contrairement à ce que pourrait laisser penser cette photo, avait des bras.

Comme son frère Isidore, il a eu une enfance malheureuse ; non pas à cause de ses petits camarades mais à cause de ses parents qui ont eu la mauvaise idée de le faire naître un 1er janvier, le privant ainsi de la célébration de son anniversaire confondu avec les festivités du nouvel an. Il se vengera sur ses propres enfants en mourant un 24 décembre. Rien de tel pour vous gâcher les repas de Noël sur 3 générations !

Tout comme ses frangins, Charles était un républicain de gauche et il participa à plusieurs journaux républicains très engagés (Journal de la Meuse, Patriote de la Meuse, Franc Parleur de la Meuse, Démocrate de la Meuse). Il fut sous-préfet de Montmédy de 1848 à 1849. Il dut ensuite s'exiler lors du coup d'état bonapartiste de 1851 et ne rentra en France qu'après l'amnistie. Avec la chute du Second Empire et l'avènement de la IIIe République il put enfin brider de nouveaux mandats électifs, et comme il était vachement balèze il fut élu quatre fois de suite à l'Assemblée Nationale et à la Chambre des Députés de 1881 à 1894 avant de finir sa vie comme Sénateur.

Parallèlement à ses activités politiques il était également, depuis 1847, correspondant pour la Société Philomathique de Verdun (oui, promis je vais vous en parler bientôt) pour laquelle il avait publié quelques notes de recherche archéologique et où il se présentait comme un historien des lépreux et des pestiférés.

Tout cela lui vaudra un monument commémoratif à Montmédy (qui n'a pas résisté aux assauts de la première guerre mondiale), ainsi qu'une rue à Verdun (parallèle à l'avenue de Miribel).

Et le collège dans tout ça ? Me direz-vous. Et bien, il y a bien un buste de Charles Buvignier à l'entrée du collège... mais, car il y a un mais, ce n'est pas ce bon vieux Charly qui a donné son nom à cet établissement scolaire. Les apparences sont parfois trompeuses...

Mais alors qui ? Le père des gaillards ? Un fils ? Un frère caché ? Une épouse ? Un usurpateur ? Vous le saurez bientôt en lisant la suite des aventures du collège Buvinier ;-)

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Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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