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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 15:23
Ci-dessous un article écrit en 2008 mais qui retrouve un brin d'actualité avec le lancement du "débat public" sur le projet CIGEO.
Avec cet article je m'attaque à un sujet complexe et ô combien sensible : celui du stockage de déchets radioactifs de moyenne et haute activité à vie longue (MAVL et HAVL) à proximité du laboratoire souterrain de Bure (Google Maps). Je précise tout de suite que cet article n'a pas pour vocation de défendre ou de critiquer l'industrie nucléaire, mais uniquement de s'interroger sur le devenir des centaines de milliers de mètres cube de déchets radioactifs accumulés depuis le début des années 70. La question n'est donc pas "pour ou contre le nucléaire ?" mais "les déchets sont là, qu'en faisons-nous ?"

Je vous présente mes excuses pour la longueur du billet mais, comme je vous l'ai dit, le sujet est complexe.

A l'occasion des Rencontres d'octobre, organisées par la CCI de la Meuse, nous avons visité le laboratoire souterrain de Bure. Une visite de deux heures pendant laquelle l'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs) nous a présenté la gestion des déchets radioactifs avec, clou du spectacle, la visite guidée d'une maquette grandeur nature des galeries d'expérimentation, ainsi que la visualisation via caméras (au zoom défaillant) des véritables galeries d'expérimentation situées 500 m en dessous.

La première phase de construction du laboratoire s'est déroulée de 2000 à 2004 et a été accompagnée d'un suivi géologique qui a débouché, en décembre 2005, sur un dossier remis au Gouvernement par l'ANDRA. Ce dossier  conclut à la faisabilité de principe d'un stockage souterrain réversible dans l'argilite du Callovo-Oxfordien, et délimite une zone favorable de 250 km² autour de Bure où pourrait être implanté un centre de stockage. Suite à la publication de ce dossier, une loi a été votée en 2006 pour entériner le stockage géologique profond de déchets radioactifs comme solution de référence et donner à l'ANDRA les orientations futures de ses recherches :
  • affiner les connaissances du milieu géologique pendant plusieurs années (d'où l'extension actuelle des galeries),
  • déterminer plus précisément un secteur de 10 km² optimal pour le stockage,
  • tester des prototypes d'alvéoles, robots, conteneurs, etc. qui seront utilisés pour le stockage.
Cette loi fixe également deux échéances :
  • 2015 : instruction d'une demande d'autorisation de création du site de stockage, après débat public lol
  • 2025 : mise en exploitation, sous réserve d'obtention de cette autorisation, après un vote du parlement fixant les conditions de réversibilité.
Vous vous en doutez, un tel projet pose beaucoup de questions, engendre des peurs, et mobilise les écologistes et les riverains contre lui, les principales craintes portant sur une éventuelle contamination de l'eau  et la pollution de l'atmosphère par une remontée des radiations en surface. C'est pourquoi, très rapidement, l'ANDRA a mis en place une logistique d'information du public par des revues, des lettres d'informations, des supports scolaires, et bien sûr en aménageant un hall visiteurs en surface de son laboratoire de recherche.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le discours est bien rodé. Pour commencer, on impose son vocabulaire. Les déchets radioactifs deviennent des "colis", les réacteurs nucléaires des "tranches", et l'extraction de plutonium devient un "retraitement", terme extrêmement ambigu qui pourrait laisser penser qu'il s'agit là d'une solution au problème des déchets. Puis on tente de minimiser les dangers de la radioactivité (elle est présente dans la nature, elle est utilisée par la médecine, la Défense et la recherche). Enfin, on relativise la quantité de déchets nucléaires provenant de la production d'électricité en la comparant aux tonnes de déchets ménagers et industriels générées chaque année par l'activité humaine. Oui, les déchets hautement radioactifs ne représentent que 20 g par habitant et par an, mais si on fait le calcul, ce sera tout de même des dizaines de milliers de tonnes de HAVL et des centaines de milliers de tonnes de MAVL qui devront être stockées, qui plus est, en un seul et même lieu d'après le projet de l'ANDRA.

Ensuite on nous parle de la période des éléments radioactifs (durée au bout de laquelle la radioactivité d'un élément a été naturellement divisée par deux), et on nous précise que les déchets qui seraient succeptibles d'être enterrés autour de Bure ont une période supérieure à trente ans. Supérieur à trente ans ? Ca fait combien ça ? Trente-et-un ? Trente-cinq ? Cinquante ans ? Cent ans ? Mille ans ? Dix-mille ? Cent-mille ? On n'en saura pas plus lors de la visite, mais un petit détour par le site Internet du CEA nous apprend que les déchets qui nous intéressent pourront avoir des période de plusieurs millions d'années.

Notre guide ne sera guère plus locace sur le niveau de radioactivité des déchets. On apprendra juste qu'elle est "Haute". En fouillant dans les document de l'ANDRA on découvre que cela correspond en moyenne à 10 milliards de Béquerels par gramme (le corps humain émet une radiation naturelle d'environ 0,1 Bq/g).

Pour prendre un exemple concret. Imaginons un élément dont la période radioactive est de 100.000 ans et dont la radioactivité est de 10 milliards de Bq/g. Cela signifie qu'au bout de 100.000 ans sa radioactivité ne sera plus que de 5 milliards de Bq/g. Sa radioactivité diminuant de moitié tous les 100.000 ans, elle atteindra la radioactivité naturelle du corps humain au bout de 3,4 millions d'années.

Vous l'aurez compris, une des exigences des "anti-Bure" est de rendre ce stockage réversible afin de pouvoir appliquer dans l'avenir à ces déchets des traitements qui ne sont pas encore au point aujourd'hui. On pense alors à la transmutation. Bien évidemment ceci aurait un coût autrement plus conséquent qu'un simple trou, fût-t-il profond de 500 m.

Devant la mobilisation des opposants au stockage irréversible, l'ANDRA a donc modifié sa communication ; et annonce désormais une réversibilité pendant 100 ans (le temps de creuser le site de stockage et d'y amasser les déchets). Mais l'ANDRA n'a pas de pouvoir décisionnaire et il ne peut donc s'agir, dans l'état actuel des choses, que d'un effet d'annonce. Comme on l'a vu plus haut, c'est en effet le Parlement qui devra se positionner sur la réversibilité entre 2015 et 2025, après l'instruction du dossier et surtout après l'enquête publique. Bonjour la démocratie ! Et pour ajouter au doute, une question me vient à l'esprit : peut-on légitimement penser que le Parlement entérinera l'entreposage réversible, après que l'Etat ait dépensé des milliards pour mettre en place un système de stockage irréversible à 500 m de profondeur ?

Vous allez me dire : "Mon petit Bertaga, il faut que tu arrêtes ta parano d'eco-warrior ! Les scientifiques savent ce qu'ils font, et on peut faire confiance aux hommes politiques qui nous gouverneront dans l'avenir".

Ce à quoi je répondrai, d'une part, que les scientifiques, aussi rigoureux soient-ils, ne peuvent conclure au risque zéro en s'appuyant sur une campagne de mesures de quelques années extrapolée à l'échelle du million d'années ; et d'autre part, que cela fait longtemps que je ne fais plus confiance aux politiques en ce qui concerne la transparence des informations liées à l'industrie et à la recherche nucléaire (cf. arrêté du 24 juillet 2003 relatif à "la protection du secret défense national dans le domaine de la protection et du contrôle des matières nucléaires").

Autre problème qui me gêne avec cette solution de stockage : le transport des déchets. Essayez un peu d'imaginer ces centaines de milliers de camions et de wagons, remplis de matières hautement radioactives, qui vont converger vers Bure en empruntant les réseaux routiers et ferroviaires civils. Quelle est la probabilité qu'un des véhicules ait un accident ou qu'il soit bloqué par des opposants ? Qu'est-ce qui se passerait si un seul de ces camions venait à être détourné ? Voici une liste d'incidents relevés par l'IRSN.

Est-ce qu'un entreposage réversible en subsurface (quelques dizaines de mètres de profondeur) au sein de chacun des sites nucléaires existants ne serait pas une solution plus sûre ? Bien sûr, cela demanderait un investissement financier plus conséquent dans la recherche pour mettre au point de réelles solutions de traitement, et nécessiterait des moyens humains plus important en particulier en ce qui concerne la surveillance des sites sur des centaines d'années. Reste à savoir si le lobby nucléaire est prêt à en payer le prix...

Pour terminer sur une note un peu plus rigolote, j'aimerais revenir sur un des arguments de notre guide lors de la visite du laboratoire. Je le cite approximativement : "Avec le stockage (irréversible) on doit réfléchir avant pour prendre en compte tout ce qui pourrait arriver". Sous-entendu : ne vous inquiétez pas, on va penser à tout.

Alors je me suis amusé à regarder vers le passé  pour voir si on aurait pu prévoir ce qui arrive aujourd'hui.

  • Il y a 100 ans, la France et ses 40,7 millions d’habitants est loin de s'imaginer qu'elle va devoir affronter deux guerres mondiales, la décolonisation, la guerre froide, la disparition de l'URSS, ainsi que les crises financières et écologiques du XXe siècle
  • Il y a 1000 ans, La Francie carolingienne, née du Traité de Verdun de 843, vient de céder la place à la France qui compte alors 8 millions d'habitants. Le pouvoir royal n'est ni héréditaire ni divin, et la Terre est toujours plate.
  • Il y a 10.000 ans, la France compte 50.000 habitants. Alors que la dernière déglaciation prend fin, le niveau de la mer se situe à 55 m en dessous du niveau actuel. La disparition des glaciers ouvre l’Europe centrale aux cyclones atlantiques chauds et humides. Les mammouths ne résistent pas à la hausse des températures.
  • Il y a 100.000 ans L'Homo sapiens prend peu à peu le dessus sur l'Homme de Néandertal et décide d'enterrer ses morts en se disant que comme ça, personne ne les trouvera. Loupé.
  • Il y a 1 million d'années : le premier Homo erectus pose les pieds en Europe. Il se dit : "putain c'est la mort ici, elles sont où les gonzesses ?"
  • Il y a 3.4 millions d'années (souvenez vous de l'exemple concret de tout à l'heure sur la  vitesse de décroissance de la radioactivité) : L'Homo n'existe pas. Lucy et ses copines australopithèques bronzent sous le soleil d'éthiopie.
Voilà l'échelle de temps dont il est question avec les déchets nucléaires.

Au regard de ces bouleversements du passé, qui peut décemment prétendre qu'il maîtrise le futur, non seulement d'un point de vue géologique, mais également politique, économique et sociétal ? Qui peut jurer que jamais rien ne viendra bouleverser la fragile étanchéité des galeries de stockage de Bure ?

Pour plus d'informations sur le sujet :


Légende des photos :
  1. Le hall visiteur du laboratoire souterrain de Bure
  2. Une maquette grandeur nature des galeries d'expérimentation
  3. Appareils destinés à mesurer l'impact du dégagement de chaleur sur la roche
  4. La réserve de carottes
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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 07:57

Memorial de VerdunSuite au vol perpétré au Mémorial de Verdun, je me permets de reproduire ci-dessous un appel à soutien lancé par l'Office du Tourisme de la Meuse.

 

 

 

 

 

Opération "Soutien au Mémorial de Verdun"
   
Créé en 1967, sous l'égide de l'Académicien et ancien combattant Maurice Genevoix, le Mémorial de Verdun est aujourd'hui l'un des principaux musées européens de la Grande Guerre. Il est situé à Fleury-devant-Douaumont. Il est un excellent point de départ pour comprendre et visiter le Champ de Bataille de Verdun et ses environs.
En savoir plus sur le Mémorial...

Dans la nuit du 26 au 27 octobre 2010, le Mémorial de Verdun a été cambriolé.
Le préjudice est important :

  • des profanateurs ont violé un sanctuaire et dérobé des objets, dons d'Anciens Poilus ou de familles de descendan ts d'Anciens Combattants ;
  • des vandales ont saccagé des vitrines, arraché des lignes téléphoniques, les câbles Internet, emporté les fonds de caisse.


Aidez le Mémorial en participant à l'opération "Soutien au Mémorial" (le Mémorial est une association privée). Pour cela, vous pouvez :

  • verser une obole dans l'urne prévue à l'accueil du Mémorial ;
  • adresser un chèque libellé au nom du Mémorial de Verdun. Vous recevrez un reçu fiscal ;
  • faire un don d'objets de collection.


Le Mémorial de Verdun a rouvert ses portes samedi dernier.
A la place des objets volés se trouve une photo avec la mention "objet volé".

Nous vous remercions de votre attention.

Contact :
Mémorial de Verdun
1 Avenue du Corps Européen
55100 FLEURY DEVANT DOUAUMONT
Tél. 03 29 84 35 34
Courriel : secretariat.direction@memorial-verdun.fr

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 18:40
Cette année encore nous sommes allés parcourir les sentiers du Vent des Forêts à la recherche d'oeuvres insolites (Google Maps). Pour ce faire, nous avions téléchargé et imprimé cette indispensable carte trouvée sur le Net et nous avons astucieusement mêlé trajets motorisés et randonnée pédestre pour économiser nos fragiles gambettes.

Wikiki (2009), est la première que nous avons rencontrée. Il s'agit d'une oeuvre de Vincent Kohler, réalisée avec le soutien du sculpteur meusien Denis Mellinger. Surprenant cactus au milieu d'une forêt de feuillus.

Nous avons également découvert des oeuvres contemporaines réalisées les années précédentes, comme Entrelacs, une boule de fil de fer réalisée par François Génot (2005), ou une oeuvre sans titre de Faust Cardinali (2004) représentant des silhouettes animales découpées dans d'énormes plaques métalliques. Intriguant...

Au bord d'une route, Le mât de cocagne et ses engins (2006) de Jean-François Chevalier n'a pas manqué d'attirer notre attention ; la matière qui recouvre ce mât est étonnante : il s'agit de groisil de cristal multicolore. Les parcelles cadastrales de Didier Béquillard, intitulées Morceaux choisis (2004) vous inviteront à lire le petit panneau explicatif.

Parmi les oeuvres de cette année je retiendrai les silhouettes en bois brûlé de Christian Lapie exposées près de Lahaymeix (parce que ça en impose un max), et le monument aux deux pouces levés du suisse Guillaume Pilet parce que... euh... parce que c'est comme ça !

Bref, aller se promener entre Pierrefite-sur-Aire et Dompcevrin c'est accepter d'être surpris à chaque bosquet, c'est s'exposer au questionnement et à l'incompréhension, c'est risquer d'être émerveillé (et fatigué en fin de journée).


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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 14:25
Le Parc Naturel National de VerdunPlus connue pour son histoire guerrière que pour sa biodiversité la zone rouge de Verdun et ses abords pourrait constituer les limites d'un futur Parc National.

Parmi les 10 Parc Nationaux de France, aucun ne concerne actuellement les forêts feuillues de plaines. Le Grenelle de l'environnement devrait mettre fin à cette injustice envers nos amis feuillus en créant un onzième Parc National dans le nord-est de la France. Trois sites ont été pré-sélectionnés par le ministère du Développement durable et le Muséum national d’Histoire naturelle : la zone de Bitche, celle de Châtillon, Chateauvillain et Arc-en-Barrois, et enfin celle de Verdun.

A l'heure où le tourisme de mémoire s'essouffle, un regain de vitalité donné à notre région par ce label "National" serait vraisemblablement le bienvenu. On peut s'en convaincre en observant la fréquentation d'autres parcs en France en 2000-2001 :
  • 366 000 visiteurs pour le parc national de la Vanoise
  • 391 000 pour les réserves naturelles de Haute Savoie
  • 427 000 pour le parc national du Mercantour
  • 750 000 pour le parc national des Ecrins
Si le site de Verdun bénéficie d'atouts indéniables (il y a des feuillus avec plein de bébêtes dedans, le site a une renommée internationale, de nombreuses infrastructures liées au tourisme mémoriel existent déjà, etc.) il va devoir défendre sa candidature face à des sites beaucoup moins riches en plomb, en mercure et en explosifs...

Un handicap qui pourrait toutefois tourner à l'avantage de Verdun puisque ce site, détruit et réhabilité par l’homme, constitue une formidable expérience pédagogique sur les interactions entre l’homme et la nature, et sur l’évolution des paysages.

Le ministre devrait faire son choix pendant l'été 2009. A suivre...

En attendant, vous pouvez apporter votre soutient au projet en vous rendant sur le site spécialement conçu par le Pays de Verdun pour l'occasion : http://parcnational-verdun.eklablog.fr

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 19:00
Quel est le point commun entre Jules César, Louis XIV, Napoléon, Lénine, la bataille d'Iwo Jima, les hyppies et Barack Obama ? Vous ne voyez pas ? Et bien ils sont tous représentés sur l'affiche annonçant le concert de gala annuel de l'Harmonie Municipale de Thierville (HMT pour les intimes).

Le thème retenu cette année est "La musique explore le temps", et j'ai comme l'impression qu'à l'HMT on ne fait pas les choses à moitié puisque les musiciens seront costumés suivant les époques parcourues. J'ai hâte de découvrir l'HMT en petite tenue interprétant "Parade of the charioteers" extrait de la BO de Ben-Hur

Pour en savoir plus sur le répertoire qui vous sera proposé, je vous invite à vous rendre sur le site de l'Harmonie et à remonter le temps jusqu'à l'article du 5 novembre 2008.

Le gala se tiendra le samedi 9 mai 2009 à 21h00 dans la salle des fêtes de Thierville.

L'entrée est gratuite et vous pouvez vous déguiser si ça vous chante.

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 07:00
Jour de Colère, Jour d'EspéranceC'est en nous rendant au château de Stanislas à Commercy que nous avons rencontré ces étranges personnages filiformes, marque de fabrique d'un artiste lorrain d'origine italienne : Amilcar Zannoni.

L'oeuvre en question s'intitule "Jour de Colère, jour d'Espérance". Construite en 1997 en hommage aux forgerons et aux tréfileurs, elle est constituée de septs individus disposés sur une fontaine située non loin du château (Google Maps).

Sur son site Internet, on apprend qu'Amilcar Zannoni est arrivé en France en 1924 à l'âge de deux ans. A 21 ans il est embauché à la mine de fer de Moutier (54), et c'est en 1959 qu'il s'initie à la sculpture. A partir de ce moment là, Amilcar Zannoni n'arrêtera plus de créer.

On lui doit, entre autres, le monument de Valleroy dédié aux soldats soviétiques morts en déportation, ainsi que le monument aux victimes du travail de Moutier. Deux thèmes suffisamment originaux pour qu'on s'y attarde.

Ce qu'on n'apprend pas sur son site Internet c'est que ce sculpteur sur acier a créé le modèle d'un trophée décerné lors du festival du film italien de Villerupt. A cette occasion sont donc remis des Amilcars, pendants lorrains des Oscars hollywoodiens.

Exposition d'Amilcar ZannoniEn écrivant cet article je me suis rendu compte que j'avais, en réserve, une photo des oeuvres d'Almicar Zannoni prise lors d'une exposition de l'artiste au Centre Mondial de la Paix de Verdun pendant l'été 2008. L'exposition s'intitulait "Oeuvre d'humanité, de la souffrance à l'espoir". Je n'avais pas trouvé le temps d'écrire un article à l'époque. La faute est aujourd'hui réparée.

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 07:00
Le château Stanislas de CommercyConstruit au XVIIIe siècle pour Charles Henri de Lorraine par Germain Boffrand (l'architecte du château de Lunéville) sur les vestiges d'un ancien château médiéval, le château et ses jardins sont célèbres pour avoir été une des résidences favorites de Stanislas Leszczyński.

Stanislas qui ?

Stanislas Leszczyński, par la grâce de Dieu, Roi de Pologne, Grand-Duc de Lituanie, Russie, Prusse, Mazovie, Samogitie, Kiovie, Volhinie, Podlachie, Livonie, Smolensko, Sévérie, Czernichovie, Duc de Lorraine et de Bar, Marquis de Pont-à-Mousson et de Nomeny, Comte de Vaudemont, de Blamont, de Sarrewerden, et de Salm. Autrement connu sous le sobriquet de Stanislas Ier. C'est ce même bonhomme qui a donné son nom à la petite place nancéenne.

Voltaire y séjourna en 1747 et en profita pour écrire un recueil de pièces en vers et en prose qui ne restera pas dans les mémoires : Sémiramis et Nadine. Cela ne l'empêchera pas de donner son nom à la rue qui mène au château...

Détail du château Stanislas de CommercyOn raconte également que c'est en ces lieux que Madeleine Paulmier aurait confectionné de petites pâtisseries en 1755. Pâtisseries qui porteront plus tard son prénom...

A la mort du roi Stanislas, en 1766, le Royaume de France procède à l'annexion des duchés de Lorraine et de Bar. Son beau-fils et héritier, le roi Louis XV ordonne l'abandon du château qui deviendra un quartier de cavalerie puis servira de caserne à divers régiments jusqu'en 1940.

Lors de la libération de Commercy par les américains, le 31 août 1944, plusieurs incendies ravageront la ville et son château dont les ruines seront finalement rachetées par la municipalité en 1957 pour la somme symbolique de 1000 francs. Commence alors un gigantesque chantier de restauration qui s'achèvera en 1977.

Aujourd'hui ce lieu magnifique abrite la mairie, la bibliothèque et quelques administrations commerciennes et accueille expositions et animations diverses.

Il ne reste plus qu'à visiter l'intérieur...

Au fait, le château se trouve ici (Google Maps)

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 07:00
Château de MarbeaumontPour vous rendre au Château de Marbeaumont depuis Verdun il vous suffira de suivre la Voie Sacrée jusqu'à sa dernière borne. Ça y est : vous êtes arrivés (Google Maps).

Cette charmante bâtisse, construite grâce au financement d'un (forcément) riche banquier au début du siècle dernier, est l'oeuvre de Jules Renard. Notez au passage que cet architecte barisien n'a aucun lien avec l'auteur de Poil de Carotte.

Si le riche banquier nous a quitté, son nom restera à jamais gravé dans nos mémoires puisque c'est la première chose que l'on aperçoit sur la pancarte située à l'entrée du château : "Parc VARIN BERNIER". Ce jardin "à l'anglaise", planté de nombreuses espèces rares identifiées par des bornes, justifie à lui seul le déplacement. A côté des séquoia, tilleul, hêtre pourpre, et ginkgo, vous trouverez l'unique spécimen de "Faux de Verzy" répertorié dans le département de la Meuse. J'imagine que c'est lui que l'on voit sur cette photo Casy-Parfaite.

Si ce bâtiment est exceptionnel par sa taille, il l'est encore plus par la diversité des styles qui le caractérisent, empruntant à la fois à l'architecture renaissance, au style Louis XIII, et aux techniques ultra-modernes de la fin du XIXe siècles inspirées par Gustave Eiffel. En architecture, on appelle ce mélange de styles l'éclectisme.

Pendant la bataille de Verdun, cette résidence accueillit régulièrement le Maréchal Pétain, qui y installa son QG bien à l'abri à l'arrière-front. Restaurée en 1975, cette riche demeure abrite aujourd'hui la médiathèque Jean Jeukens de Bar-le-Duc et ses 140.000 ouvrages (livres, CD, DVD, manuscrits, etc.).

Par ailleurs, si vous souhaitez vous faire construire une résidence de caractère dans le coin, sachez que l'entreprise qui avait construit cet édifice il y a maintenant plus d'un siècle existe toujours : France-Lanord et Bichaton.

Reste deux énigmes (en plus de celles de la Chasse au Trésor) :
  • Pourquoi le château porte-t-il le nom de Marbeaumont ?
  • Qui est ce Jean Jeukens qui a donné son nom à la médiathèque ?
J'attends vos réponses...

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 07:00
Eoiennes dans la brumeIl m'arrive parfois de prendre la route pour me rendre dans des contrées ne bénéficiant pas d'une météo aussi clémente que celle dont nous jouissons habituellement à Verdun. Dans ces cas là je m'arrête à la sortie de Verdun et je prends une photo avant de poursuivre ma route. Et lorsque j'arrive à mon rendez-vous, sous la pluie, la neige ou je ne sais quoi d'autre d'humide et de froid, j'allume mon appareil photo et je regarde la photographie prise le matin même. Cela réchauffe le coeur, même quand la photo a été volée par un glacial matin d'hiver.

Cette fois-ci je n'ai vraiment pas pu résister. Les éoliennes de Nixéville-Blercourt et Les Souhesmes-Rampont étaient vraiment trop mignones sous la lune matinale.

Je crois que je vais laisser cette photo dans mon appareil en prévision de mes prochains trajets...

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 07:00
Eglise de RibeaucourtConstruite sur les hauteurs du petit village de Ribeaucourt, l'église Saint Martin domine la vallée de l'Orge (Google Maps). Vous vous souvenez peut-être de ce village puisque c'est là que nous avions rencontré la fougueuse Lola.

Construite à partir du XIVe siècle, époque où les seigneurs et barons usaient facilement leurs épées au combat, elle a bénéficié d'une fortification particulière qui donne à son clocher une allure de donjon. En apercevant cette tour de l'entrée sud du village nous nous attendions d'ailleurs plutôt à découvrir un château qu'une église sur ce plateau escarpé.

L'église de Ribeaucourt a subi à plusieurs reprises des sièges et des incendies, et a finalement été restaurée en 1889. Comme l'église de Dugny-sur-Meuse, celle de Ribeaucourt est pourvue d'un hourd (en pierre ?) et, en plus de créneaux et de meurtrières on a cru bon, lors de sa restauration, de l'équiper d'une corniche imitant des mâchicoulis.

Comme c'est de plus en plus souvent le cas, nous n'avons pu entrer dans l'édifice fermé à clef. Les photos de l'intérieur seront donc pour une autre fois...

Lien externe :


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Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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