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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 07:00
Hubert Lucas - Président fondateur de la Société Philomathique de VerdunLa Société philomathique de Verdun est une société savante qui fut fondée le 1er août 1822 par Hubert Lucas, conservateur des collections d'histoire naturelle à Verdun. Remarquons au passage qu'au regard des activités botaniques de son premier Président, cette association aurait pu s'appeler "Société Linnéenne", mais le terme philomathique (parfois écrit philomatique), néologisme d'inspiration grecque désignant celui "qui aime les sciences", lui fut préféré.

Quelques autres associations meusiennes ont bien évidemment existé avant elle (par exemple la "Société des archers et arquebusiers" créée à Verdun au XVIIe siècle), toutefois la Société Philomathique de Verdun reste la plus ancienne association meusienne ayant conservé son nom d'origine.

Elle fut officiellement autorisée par le Ministère de l'Instruction publique, chargé de l'Intérieur, le 25 août 1834, et sera déclarée établissement d'utilité publique par décret impérial du 4 avril 1860 (ce dont les membres de l'époque n'était pas peu fiers).

Les statuts de cette Société précisent qu'elle s'est donnée pour but "l'étude des Lettres, celle des Sciences Naturelles, Physiques et Mathématiques, leur application aux Arts, la recherche, la description et la conservation des Antiquités, les progrès du Commerce, de l'Industrie, des Arts, de l'Agriculture ; en général, tout ce qui peut offrir de l'intérêt et de l'utilité". Et comme cela ne suffisait pas, l'étude de l'histoire locale fut plus tard ajouter à cette liste.

La Société se compose de Membres Titulaires, résidant à Verdun, dont le nombre ne peut excéder trente-six, ainsi que d'un nombre indéterminé de Membres Associés (verdunois également) et de Correspondants. Au XIXe siècle les membres étaient principalement des notables (médecins, principal du collège, Maires, officiers du génie, professeurs, propriétaires terriens, avocats, etc.). Et, sauf si le règlement intérieur à évolué depuis le siècle dernier, il doit en être de même aujourd'hui. En effet, si vous souhaitez devenir Membre de la Société Philomathique, il vous faudra être présenté par au moins deux des Sociétaires, et réunir au scrutin secret l'unanimité des suffrages des Membres présents ; et bien sûr payer la cotisation annuelle ainsi qu'un "droit de diplôme".

Musée de la Princerie En 1840 la Société Philomathique publie le premier tome de ses Mémoires, recueil des travaux réalisés par ses membres et ses correspondants philomathes au cours des années passées. Dans ce premier tome on trouve pelle-mêle les titres suivants :
  • - "Mémoire sur les faussaires modernes qui ont contrefait les médailles antiques"
  • - "Recherches sur quelques camps anciens dans la Lorraine"
  • - "Réflexions critiques sur l'économie politique"
  • - "Aperçus historique sur les animaux réduits en domesticité chez les peuples anciens"
  • - "Recherches sur l'invention et le perfectionnement des moulins et des pierres meulières des anciens"
  • - "Notes sur la transformation des étamines en pétales dans les fleurs doubles"
Au total quinze tomes seront publiés jusqu'en 1901. Ils sont aujourd'hui libres de droit et téléchargeables sur le site Gallica. Et il semble que la Société Philomathique de Verdun continue de publier annuellement un Bulletin.

Dès sa création, la Société Philomathique fait collection des objets d'histoire naturelle, d'antiquités et d'arts qui lui sont offerts, et au milieu du XIXe siècle elle gère le Musée de Verdun situé à l'origine au Collège puis à l'Evêché. D'abord ouvert deux jours par semaine (le jeudi et le dimanche en 1853) il sera réaménagé puis inauguré officiellement par la municipalité le 16 septembre 1874, avant de trouver sa place définitive à l'hôtel de la Princerie en 1932, qui constitue aujourd'hui encore le siège social de la Société Philomathique.

Toujours reconnue d'utilité publique par le Ministère de l'Intérieur, la Société se réunit tous les premiers jeudi du mois à 20h30 au musée (16, rue de la Belle Vierge), séances pendant lesquelles ses honorables membres débattent des travaux en cours et partagent leurs connaissances et leurs recherches sous forme de conférences traitant principalement de l'histoire locale.

Musée de la PrinceriePour la légende, on raconte que le rosicrucien britanique Harvey Spencer Lewis aurait entretenu des relations avec la Société Philomathique de Verdun quelques années avant de fonder, en 1915 à New York, l'Antiquus Mysticusque Ordo Rosae Crucis (en français : "Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix"), également connu par son sigle AMORC. Harvey se vantait même d'être "agrégé de la Rose-Croix" grâce à des "membres du vieux collège de Rosicruciens à Verdun, France" (Source : revue Renaissance Traditionnelle, N° 101/102, de janvier-avril 1995). De son côté, son fiston Ralph Lewis évoquera plusieurs fois le fait que son père (Harvey) était membre de la Société Philomathique de Verdun. Coïncidence conspirationniste : l’AMORC utilisera parfois un nom proche de celui de la Société Philomatique lorsqu’il commencera ses activités dans certains pays, comme le Mexique, où l’Ordre voilera son existence sous le nom de Socedad Filomatica (Source : http://www.rose-croix.org).

Mais remettons un peu les pieds sur terre. Actuellement le musée de la Princerie est ouvert tous les jours sauf le mardi du 1er avril au 31 octobre, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h.

Bonne visite.

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 20:42
Eglise de RegretRegret est un petit village, rattaché administrativement à Verdun, et à proximité duquel passent chaque jour des milliers d'automobilistes qui empruntent la N3 reliant Verdun à la Voie Sacrée (Google Maps).

Et chacun de ces automobiliste aperçoit à chaque passage cette église, mais la vie est ainsi faite que jamais on ne s'arrête. Pourtant il est si facile de sortir de la nationale, ne serait-ce que deux minutes, afin d'observer ce monument d'un peu plus près.

Oh, elle n'est  pas bien grande et n'est pas non plus très originale. Mais dans le soleil couchant  elle mérite bien un regard...
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 18:00
Lycée Margueritte de VerdunProfitant de la journée portes ouvertes du 9 février, je me suis déguisé en petite souris afin de partir à la découverte du plus grand lycée de Meuse : le Lycée Jean-Auguste Margueritte de Verdun (Google maps).

En fait, le lycée Margueritte (Margot pour les intimes) est divisé en deux sites : le site Vauban dans lequel se trouve la galerie Diastole Systole ainsi que le "Groupe Technique Industriel", et le site Galland qui accueille les filières générales. En cette belle journée ensoleillée je m'étais plutôt dirigé vers la place Galland, attiré que j'étais par les vestiges de colonnades que l'on peut apercevoir des grilles extérieures.

Lycée Margueritte de VerdunPour ne rien vous cacher, j'ai rapidement enlevé mon costume de petite souris avec lequel j'avais un peu de mal à passer inaperçu, et je me suis dirigé vers ce qui semble être la partie la plus ancienne de l'établissement.

Le site Internet du lycée Margueritte vous expliquera beaucoup mieux que moi l'histoire de ces bâtiments (ancien séminaire, congrégation notre Dame, vestiges de l'ancien couvent de chanoinesses, etc.) qui n'ont cessé d'évoluer au fil des années. c'est vrai qu'il en aura fait du chemin cet établissement, du collège de jeunes filles ouvert en 1907 jusqu'au lycée qui peut accueillir aujourd'hui les 1200 élèves du pôle Galland. En un siècle d'existence il aura connu de nombreux bouleversements : créé dans le contexte de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat, il traversera les deux guerres, puis les événements de mai 1968 pendant lesquels les enseignants et les agents du lycée bloqueront les locaux afin de protester contre ce qui ressemble alors plus à une caserne qu'à une école.

Entre-temps, Georges Pompidou en personne viendra inauguré en 1963 la "Cité Technique" qui deviendra ensuite le lycée professionnel Vauban avant d'être définitvement rataché au lycée Margueritte sous le nom de "Groupe Technique Industriel" en 1989.

Lycée Margueritte de VerdunLes années 70 voient la disparition de la blouse obligatoire, l'autorisation des cheveux longs et des barbes, la création du foyer socio-éducatif, l'apparition de plusieurs fanzines et même de "Radio Margot" qui émet trois fois par semaine au réfectoire entre 12 et 13 heures (mais qui a aujourd'hui disparu).

Voilà, j'arrive à la fin de ce petit article et je m'aperçois que je ne vous ai pas parlé de Jean-Auguste Margueritte et de sa petite famille. Disons que ce n'est que partie remise...

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 19:42
Kiosque à musique de VerdunPas facile de trouver des informations sur ce kiosque à musique situé sur la promenade de la digue de Verdun (Google Maps).

Je vous apprendrai juste qu'il fût construit entre 1878 et 1880 sur un terrain de l'hospice Ste Catherine qui borde la Meuse. Il faut croire que les verdunois, furent ravis par l'aménagement de cet espace arboré puisque Louis Maury (le Maire de l'époque qui succédait à Nicolas Armand Buvignier) fut réélu après avoir réalisé cet ouvrage.

Il me semble qu'aujourd'hui ce kiosque ne sert plus qu'à de rares occasions comme la fête de la musique, mais je suis sûr que tous ceux qui habitent depuis plus longtemps que moi à Verdun doivent avoir pas mal d'annecdotes à raconter à son sujet...
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19 janvier 2008 6 19 /01 /janvier /2008 14:34

Exposition de Xavier Thomen à la Galerie Dastole systole de VerdunHier soir nous sommes allés assister au vernissage de l'exposition de Xavier Thomen dans la Galerie Diastole Systole. 

Cette Galerie verdunoise, créée en 1992 sous la forme d'une association loi 1901, accueille cinq expositions par an et se donne en particulier pour but de mettre en contact l'Art et les artistes avec un public scolaire. Mission au combien ambitieuse, même si elle est quelque peu facilitée par la localisation même de la Galerie : le site Vauban du Lycée Margueritte. 

A 18h00 nous arrivons dans la place. Les élèves quittent l'établissement pendant que nous contournons les bâtiments par la gauche en direction du CDI autour duquel se déroule la manifestation. L'architecture des lieux est sobre : murs de parpaings bruts, immenses baies vitrées, métal et béton, le tout sur une hauteur impressionnante de deux étages. Qui plus est, le bâtiment a été aménagé pour recevoir des œuvres d'art : systèmes de fixation discrets et rampes d'éclairages directionnels sont au rendez-vous. Cerise sur le gâteau : l'équipe de bénévoles qui gère les lieux est bien rodée : accueil du public et des personnalités (vernissage oblige), discours et petits fours. 

L'Exposition intitulée "Paysage Désaltéré" est l'oeuvre de Xavier Thomen, lorrain d'adoption et accessoirement professeur d'Arts plastiques au collège Buvignier. Son œuvre est en grande partie marquée par la crue de l'Orne qui a dévasté son atelier il y a quelques années. Récupération des matériaux apportés par l'eau, collages, peinture, lui permettent d'exprimer les métamorphoses des paysages extérieurs et intérieurs. Pour en savoir un peu plus le mieux est de vous rendre à la Galerie Diastole Systole aux heures d'ouverture du lycée (place Vauban). Vous pourrez y admirer le travail de Xavier Thomen jusqu'au 14 février. Des brochures sont, par ailleurs, mises à disposition du public pour apporter quelques explications sur l'auteur et son œuvre. 

Entrée libre et gratuite.

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30 décembre 2007 7 30 /12 /décembre /2007 20:10
Eglise Néo-apostoliqueEn me promenant en ville (Vous allez croire que je passe mon temps à me promener) mon regard a croisé cette plaque argentée solidement fixée à un mur. Curieux comme je suis vous pensez bien que j'ai instantanément dégainé mon appareil photo avec l'idée de pondre un article. Et vous me croirez si vous voulez mais cela fait maintenant trois jours que je me demande si je dois vous en parler.

Services divins ?

Peut-être une association de tennis me dis-je en mon for intérieur. Ils doivent enchaîner les aces. Peut-être même que des stars comme Roger Federer ou Goran Ivaniševic sont venues s'entraîner ici ! Mouai... Mais alors où sont les courts ?

Ou alors c'est une usine de porcelaine fine. Mais aucune vitrine en vue permettant d'apprécier quelque service à thé que se soit, en porcelaine de Limoge ou Biscuits de Sèvres.

Il y a également très peu de chance que ce lieu propose à horaires réguliers des lectures du Service divin des Grecs de Friedrich Nietzsche. Qui connaît ce livre ?

Services divins ?

Peut-être une école hôtelière de grande classe où seraient formés les employés du Coq Hardi ? Il est vrai que le service du Coq Hardi est divin mais il me semble que les employés proviennent d'écoles plus... reconnues.

Alors quoi ? Une agence d'Intérim proposant des services à la personne haut de gamme ? Peu probable.

Un service national style croisade du troisième millénaire ? Ah ! Je crois qu'on chauffe...

En fait, en cherchant sur Internet (j'aurais dû commencer par là), je suis tombé directement sur le site de l'Assemblée Nationale à la page Commission d'Enquête sur les sectes. L'Eglise néo-apostolique de France y apparaît entre l'Eglise de scientologie de Paris et l'Eglise universelle du royaume de Dieu, dans la liste des sectes ayant entre 2 000 et 10 000 adeptes en France.

C'est l'occasion rêvée de présenter l'association verdunoise Secticide qui se donne, entre autres, comme objectif de faire circuler l'information sur les phénomènes sectaires.
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 14:45
Crue glacée à VerdunVoilà ce qui arrive lorsqu'il pleut un peu trop longtemps. Les terres se gorgent d'eau, le niveau de la Meuse monte et on se retrouve avec de l'eau au pied des maisons (pas toutes les maisons, rassurez-vous).

A des kilomètres à la ronde les prairies ont laissé la place à des étangs, les vaches ont rejoint les étables, et les canards se dégourdissent les palmes.

Et lorsqu'il gel derrière tout cela pendant plusieurs jours ? Vous pouvez alors faire du patin à glace sur la plus grande patinoire à ciel ouvert de France ! Ceci sans (trop) de risque puisque le niveau de l'eau n'excède pas quelques dizaines de centimètres.

Bon alors, votre terrain de rugby je vous le sers comment ? "Long drink" ou "On the rocks" ? Franchement j'hésite... et vous ? Vous préférez faire du water-polo un peu musclé ou du rugby sur patins à glace ?

(Photos réalisées sans trucage à 24h d'intervalle)
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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 19:32
En attendant de pouvoir filmer la terre depuis un jet privé ou un des hélicoptères de l'hôpital St Nicolas, voici ce qu'il est possible de voir avec le site Geoportail en zoomant sur Verdun.

On distingue nettement la base de loisir, la citadelle, les espaces arborés et bien sûr les différents bras de la Meuse. On aperçoit également les bâteaux dans le port de plaisance ainsi que les principaux bâtiments de la Capitale de la paix. Je vois même ma maison !

Je vous préviens par avance : si la réalisation est soignée, le scénario, lui, est des plus sobres. Profitez-en pour vous laisser bercer par la musique...

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 14:41
L'Estaminet à VerdunMardi 6 décembre 1977 à Verdun, Alain Hamard ouvre les portes d'un café qui deviendra une institution : l'Estaminet (Google Maps).

Inaugurer son bar à bières le jour de la St Nicolas... Sacrilège ! St Arnoult a dû se retourner dans son cercueil capitonné d'orge et de houblon. M'enfin... il faut croire qu'il ne lui en a pas trop voulu, eu égard, peut-être à sa statue qui trône dans une niche en pierres de taille dans le mur du fond, et peut-être aussi au fait que St Nicolas a été interdit de passage devant l'établissement depuis que la rue des Rouyers a été rendu aux piétons.

Le petit café des débuts a bien grandi et fait aujourd'hui salle comble tous les week-ends. Il faut dire qu'Alain a su rendre le lieux accueillant. La décoration fait concurrence au musée de la bière de Stenay, la carte des bières fait 8 pages, et celle des whiskies la talonne de près avec 6 pages ! Et pour ne rien gâcher Alain ouvre régulièrement ses portes aux groupes de rock d'ici et d'ailleurs. Rien de tel pour faire monter la pression...

L'étage abrite un billard américain ainsi qu'une salle que vous pouvez réserver pour vos fêtes entre amis (plus que 6 mois avant le bac, pensez-y !). Et depuis 2002, un espace de l'Estaminet est réservé à la micro-brasserie qui produit le breuvage le plus consommé dans ce lieu de perdition. Belle reconnaissance pour Alain, encyclopédie vivante de la bière.

Pour finir je dirais que l'Estaminet ne serait pas à la page s'il n'avait son site Internet et son groupe de fans sur le réseau Facebook.

Je ne sais pour vous, mais moi je pense qu'il y aura du monde demain soir à l'Estam'
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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 09:26
Maisons Elika à VerdunUne fois n'est pas coutume, voici un article qui sort  un peu des habituels billets touristiques.

Plusieurs articles de presse (, , et ) se sont fait l'écho récemment des difficultés rencontrées par le plan Borloo d'aide à l'accession à la propriété (les fameuses maisons à 100 000 €), et ils soulignent en choeur l'effort entrepris par certains groupes de BTP pour permettre à des ménages à petits revenus (environ 2 SMIC) de devenir propriétaires. C'est ainsi que Bouygues mettra en vente dès décembre ses premières maisons Elika sur le site Internet maisons-elika.com

Pourquoi je vous parle de cela ? Tout simplement parce que les 74 premières maisons de ce vaste projet seront implantées à... Verdun (Google Maps) !

Il s'agira de maisons de 3 ou 4 pièces construite dans un "esprit village" sur des parcelles de 200 m² en moyenne (comprendre : un lotissement de maisons mitoyennes), d'une surface habitable comprise entre 63 et 83 m². Le constructeur nous promet de vastes espaces de vie (c'est vrai que le séjour fait 30 m²), du confort, de la fonctionnalité (le plan intérieur est en effet rationnel), du bien-être et de la sécurité, le tout "dans un environnement calme et arboré, proche de toutes les commodités" qui s'appelle "Le Domaine Vauban". Ca fait envie non ?

Le prix ? En comptant le terrain, les six T3 seront vendus aux alentours de 125 000 € et il faudra débourser jusque 145 000 € pour un des soixante-huit T4. Bien évidemment, pour ce prix il ne faut pas s'attendre à un véritable maison de village. L'ossature est en bois, du plastique remplace le carrelage dans la salle de bain de 4 m² (cf. article du igaro ici), et votre "hobby-room" (la pièce où se trouve votre ordinateur) atteint 2,85 m² (les cm² sont important à ce niveau là !).

Pour pouvoir proposer ces prix Bouygues mise bien entendu sur les économies d'échelles mais également sur des économies liées à la vente de ces maisons exclusivement sur Internet et non plus en agences.

Mais ce qui me turlupine c'est de savoir si on peut vraiment placer ce projet immobilier dans la lignée des maisons à 100 000 € ? Quel est le coût réel d'un tel investissement pour un couple modeste ? En faisant un petit tour sur le site des maisons Elika on apprend que "Une fois votre maison ELIKA pré-réservée en ligne, un chargé de clientèle Empruntis.com prend contact avec vous par téléphone afin de valider les éléments de votre dossier. Il vous propose également de rechercher pour vous une solution de financement adaptée". Et le site nous propose quelques exemples de financement.

Ainsi M. et Mme Paoli, qui gagnent ensemble 2 100 € par mois, souhaitent acquérir un petit T3 à 125 000 €. Ils n'ont pas suffisamment d'épargne pour payer les frais de Notaire et doivent donc emprunter 127 000 €. Heureusement ils peuvent bénéficier d'un prêt à taux 0 % et n'auront que 110 500 € à emprunter au taux plein de 5,25 %. Empruntis.com nous informe donc que ce petit couple devra rembourser 711 € par mois pendant 30 ans, assurances comprises. Génial, non ? Pas si sûr... Puisque Bouygue n'indique pas le coût total du crédit sur son site, utilisons notre petite calculatrice et voyons combien leur coûtera leur maison au final. C'est un peu technique puisqu'il faut calculer séparément le prêt à taux 0 % et le prêt à taux plein et qu'il ne faut pas oublié le coût de l'assurance (disons 0,60 %). Alors ? Vous avez trouvé ? Non ?

Je vous aide : la maison du pauvre coûtera en définitive... 250 000 € et encore, c'est sans tenir compte d'éventuels frais d'hypothèque et autres frais de dossiers "équivalents à ceux que vous auriez payés à votre banque".

Alors voilà... après quelques clics sur Internet vous voilà propriétaire. Propriétaires, oui, mais d'un crédit ! En définitive, ce sont les collectivités locales (impôts), le gros BTP (Bouygues) et les organismes financiers qui font la bonne opération. Les foyers à revenu modeste continueront, eux, à payer leur maison deux fois plus cher que son coût maximum annoncé, maison qui commencera à tomber en décrépitude bien avant d'être intégralement remboursée.

Bref, le concept de l'accession à la propriété intéressera forcément de nombreux ménages désireux de réaliser leur rêve (réussir un jour à ne plus payer de loyer exorbitant), mais il faut rester attentif aux modalités d'achat. Prenez le temps de l'information : le coût total du projet mérite bien quelques prises de renseignements.

Bon courage à tous les futurs propriétaires.

Edité le 29/11/2007 à 09:40
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Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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