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Sur le piton, autrefois fortifié, de Dun-sur-Meuse se dresse un joyaux de l'architecture ogivale : Notre-Dame de Bonne Garde.
Construite en 1346, elle doit son nom à une intervention miraculeuse de la Vierge qui fit disparaître une bande de vils pillards envoyée par la Maison d'Autriche en 1552. Elle sauva par la même occasion la ville qui était pratiquement désarmée. J'imagine que ce tour de magie eut lieu le mardi 25 mars car, depuis cet événement et jusqu'à la Révolution, c'est à cette date qu'était organisée une procession autour des remparts de Dun qui donnait l'occasion à la statue de la Vierge de se dégourdir les jambes.
Si l'extérieur de l'édifice est plutôt mastoc, l'intérieur, lui, recèle un mobilier assez exceptionnel. L'autel et son baldaquin du XVIIIe siècle, les boiseries du choeur, les grilles en fer forgé des fonts baptismaux, le buffet d'orgue (auquel les méchants allemands ont ôté les tubes en 1916), ainsi que certaines dalles funéraires sont classés.
Vous pourrez également vous arrêter sur les vitraux, les bas-reliefs, les kitchissimes bénitiers ou sur les nombreuses sculptures comme ce diable situé au dessus des fonts baptismaux.
Vous pourrez aussi noter la présence d'un étrange volatile dans la Chapelle St Nicolas (cf. photo). Il s'agit d'un pélican qui a l'idée saugrenue de s'ouvrir le ventre pour nourrir ses enfants.
Deux autres surprises vous attendent encore. La première est un Christ en croix situé dans le choeur. C'est sûr que dit comme cela, ça n'a rien de surprenant, seulement voilà, il s'agit d'une oeuvre d'Ipousteguy et je vous assure qu'elle vaut le coup d'oeil.
Dernière surprise, et pas des moindres : plusieurs tonnes de bronze et de marbre sculptées et assemblées par Ipousteguy pour conter la "Mort de l'évêque Neumann dans la pauvreté et l'indifférence" (photo ci-contre et aussi sur le blog de Casy). L'oeuvre fut commandée à Ipousteguy par un comité diocésain de Philadelphie en 1976 à l'occasion de la canonisation de John Neumann (seul saint américain de sexe masculin), mais fut finalement refusée en raison, pense-t-on, d'un réalisme trop cruel. Qu'à cela ne tienne, vous aurez ainsi la chance de pouvoir l'admirer sans traverser l'atlantique.