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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 07:00
Le monument aux enfants de Verdun morts pour la France
Ce monument aux morts, situé sur le rond point de la Nation à deux pas de la Porte Chaussée, est l'oeuvre de l'architecte Forest et du sculpteur Grange (Google Maps).

Il fut inauguré un an avant le Monument de la Victoire, le 1er novembre 1928, et est dédié à la mémoire de tous les verdunois morts lors de la Première Guerre mondiale ou dans un conflit postérieur (on peut y lire 510 noms si je ne me suis pas trompé en comptant).

Pour la petite anecdote on peut noter que chaque année au 1er novembre la flamme du soldat inconnu de l’Arc de Triomphe est acheminée à Verdun par des marcheurs, et qu'après une cérémonie devant ce monument aux morts, la flamme est déposée à la crypte du Monument de la Victoire.

Enfin, si vous jetez un petit coup d'oeil sur la droite du monument vous apercevrez une petite pancarte, aussi discrète que vieillotte, rappelant la devise de la Ville : "On ne passe pas !".

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 08:35
Le cloître de la Cathédrale de VerdunLorsque vous entrez dans la cathédrale de Verdun vous pouvez apercevoir une porte dans le mur sud, de l'autre côté de la nef. Elle semble fermée et de prime abord on hésite à l'ouvrir de peur de violer un lieu interdit, pourtant il ne faut pas hésiter à la franchir car elle donne accès à un trésor architectural : le cloître.

De la construction du XIIe siècle il ne reste plus grand chose si ce n'est quatre statues monumentales représentant "Adam et Eve" (en train de tchatcher avec un serpent enroulé autour d'un pommier), "Caïn et Abel" (à peine surpris par l'apparition de la main de Dieu qui traverse les nuages pour leur chiper leurs offrandes), "l'Annonciation" (avec l'archange Gabriel qui explique calmement à Marie que Dieu lui a fait une surprise), et enfin un évêque qui pourrait bien être Saint Saintin dont je vous parlais dans cet article.

Au XVIe siècle, un certain Nicolas Masson, qui avait sans doute trop regardé D&CO sur M6, décida que tout cela était un peu ringard. C'est donc au pied du mur que l'on vit le Masson tout réaménager en style gothique flamboyant. Et je dois dire que le résultat est plutôt pas mal.

Ce qui frappe le plus ce sont les remplages (les dentelles en pierres dans les ouvertures). Ce qui frappent un peu moins c'est qu'ils sont tous différents ! Ca mérite le coup d'oeil. Les clés de voûtes sont également remarquables de par leur diversité (certaines représentent même des visages).

Le cloître de la cathédrale de VerdunUne porte située dans la partie orientale du cloître donne sur un couloir vitré qui mène à la salle capitulaire dans laquelle sont exposées, jusqu'au 24 mars, des oeuvres d'Ipoustéguy, sculpteur originaire de Dun-sur-Meuse et décédé en 2006. Je dois avouer que je n'ai pas trop accroché au style des tableaux exposés (pochoir, peinture soufflée et couleurs pastelles ne correspondent pas à l'idée que je me fais de la passion du Christ), mais ce que j'ai pu voir par ailleurs des oeuvres d'Ipoustéguy me donne envie de visiter d'autres expositions du Maître.

Je passe sur les bombardements de la Première Guerre mondiale qui ont tout saccagé et sur la reconstruction qui rendit le cloître encore plus beau qu'aupéravant et j'en viens au sujet qui fâche : figurez-vous qu'entre les deux guerres la partie centrale du cloître avait été aménagé en jardin, divisé en quatre par un cheminement qui menait aux deux statues situées au pied de la Cathédrale. Cela était du plus bel effet comme en témoigne cette photographie, mais cela n'est plus, ce petit jardin d'agrément ayant été remplacé par une pelouse des plus communes. Peut-être que si tout le monde écrit à l'Evêque de Verdun on pourrait récupérer cette aménagement qui sublimait le cloître...

Tiens ! Il y a une photo du cloître sur le blog de Casy.

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 07:00
Le carrefour des maréchaux à VerdunEt oui, vous avez bien lu, et vous aurez beau parcourir le Carrefour des maréchaux dans tous les sens vous ne trouverez que seize statues, celle du maréchal Joffre ayant bel et bien disparu.

Les plus observateurs d'entre vous me répliqueront : "c'est n'importe quoi ton article ! Il n'y a toujours eu que seize statues près de la Porte Neuve !". Ce à quoi je répondrai par l'affirmative, tout en précisant que Joffre a disparu AVANT la mise en place de ces militaires au coeur de pierre. Mais laissez moi vous conter leur histoire...

La réalisation de ces 17 oeuvres d'Art de 3 tonnes chacune avait été confiée entre les deux guerres mondiales à de jeunes artistes, Prix de Rome, et la destination prévue à l'origine était le musée du Louvre (vraisemblablement une série de niches dans la façade de la rue de Rivoli). Or, lorsque le travail fut terminé, on se rendit compte qu'elles étaient... trop grande. Trop la honte !

En 1960 le Maire de Verdun, François Schleiter, se dit que ces statues représentant des maréchaux, des généraux et un amiral, seraient du plus bel effet dans la cité héroïque. Il prit donc sa plus belle plume et André Malraux, alors Ministre d'Etat chargé des affaires Culturelles, lui répondit "Pas d'problème mon pote, en plus ça tombe bien on n'a plus d'place dans notre dépôt".

Et hop ! voilà les statues transportées jusque Verdun où elles resteront dans leur caisse pendant cinq ans, jusqu'à ce que le nouveau Maire, André Beauguitte, prenne enfin l'initiative de les mettre en place. Il ouvre donc le dossier qui sommeillait dans les archives et découvre, effrayé, qu'une des 17 statues a disparu. Il aura beau échanger de nombreux courriers avec les administrations qui avait été chargées de leur stockage et de leur transport, il ne retrouvera jamais la trace du Maréchal Joffre.

Pour l'annecdote, c'est la femme d'André Beauguitte qui récolta une partie des fonds nécessaires à la réalisation des socles grâce à une conférence qu'elle organisa au théatre de Verdun. Et c'est ainsi que ces militaires défunts se retrouvèrent en 1968 autour de ce carrefour qui portera désormais le nom de Carrefour des Maréchaux.

Joffre étant un des responsables militaires les plus controversés du XXe siècle (notamment en raison de sa stratégie militaire peu efficiente et extrêmement coûteuse en vies humaines lors de la bataille de Verdun), se pourrait-il que quelqu'un ait préféré le faire disparaître plutôt que de le voir trôner fièrement à cet endroit ?


PS : Merci à Dominique qui m'a prêté Plume de perroquet, le livre d'André Beauguitte qui relate, entre autres, cette petite histoire.

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 13:01
L'intérieur de la Chapelle Sainte CatherineVoici l'intérieur de la Chapelle Sainte Catherine de Verdun dont je vous parlais dans cet article.

Pour tout vous dire c'est carrément classieux : charpente en bois, vitraux, arcs gothiques, dorures, sculptures, peintures, etc. Tout cela vaut le détour.

La porte n'est pas souvent ouverte alors le mieux est peut-être de tenter votre chance les jours de messe.

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 07:00
Façade de la chapelle Buvignier de VerdunC'est en l'année 1570 du calendrier julien que l'Evêque de Verdun Nicolas Psaume fonda le collège des jésuites qui deviendra 3 siècles et demi plus tard le collège Buvignier.

La chapelle fut construite bien après le collège, de 1731 à 1735, par un architecte jésuite nommé René Maugrain sous l'épiscopat de Charles François d'Hallencourt à qui l'on doit également le Palais épiscopal qui abrite aujourd'hui le Centre Mondial de la Paix. Reliée dès son origine au collège, elle était le lieu des offices des frères jésuites, et elle recueillit le tombeau du coeur de Nicolas Psaume jusqu'en 1990, date à laquelle il fut transféré dans la Cathédrale.

Après avoir subit les bombardements des deux guerres mondiales, la chapelle est aujourd'hui désacralisée et a été reconvertie en salle d'exposition.

Si vous souhaitez briller en société, vous pourrez également faire remarquer à vos convives lors de votre prochaine soirée de charité que, d'une part, contrairement à l'idée reçue il ne s'agit pas de la chapelle Buvignier mais de la chapelle Saint Nicolas, du nom de l'ancienne église liée à l'hôpital Saint Nicolas qui se trouvait à cet emplacement ; et d'autre part, que ce Saint Nicolas n'a bien évidement rien à voir avec Nicolas Psaume puisque ce dernier n'a jamais été béatifié.

Façade du collège Buvignier de VerdunPour en revenir au collège, il a été reconstruit en 1890 par l'architecte Chenevier (à la même époque que le Mess des Officiers et le Théâtre), et c'est en 1910 que la municipalité de Verdun décida de lui donner un nouveau nom. S'en suivit un débat interminable pour déterminer lequel des trois frères Buvignier était le plus méritant. Armand Buvignier était Maire de Verdun ! disaient les uns. Oui mais Isidore était Député de la Meuse ! répondaient les autres. Mais alors que dire de Charles qui fut Sénateur ? Insistaient les derniers.

Au final, il fut décidé que le collège porterait le nom de la famille Buvignier toute entière qui avait fait tant de bien à Verdun et à la République, et tout le monde fut content.

Pour l'anecdote, on peut enfin noter que de nombreuses personnalités sont passées par ce collège. Citons simplement Jules Bastien Lepage qui y donna ses premiers coups de pinceaux, et le père de Danielle Mitterrand qui y officia comme proviseur en 1924. Il doit y en avoir beaucoup d'autres mais je laisse le soin aux milliers d'anciens élèves qui ont fréquenté les bancs du collège Buvignier d'en dresser la liste ci-dessous...

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 07:38
Projections polychromes dans la cathédrale de VerdunPour changer un peu des longs textes voici une photo qui vous incitera peut-être à visiter la cathédrale de Verdun un après-midi ensoleillé plutôt qu'un triste matin d'hiver.

Les vitraux, détruits pendant la bataille de Verdun, ont été remplacés en 1930 par des réalisations signées Jean-Jacques Grüber, dont les projections polychromes sont du plus bel effet.

N'hésitez pas à cliquer sur la photo pour l'agrandir...

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 16:59
La porte Châtel à VerdunRevenons un peu à Verdun. Je vais vous parler aujourd'hui de ce qui constitue vraisemblablement la plus ancienne porte conservée de la Ville : la porte Châtel.

On retrouve sa trace à l'époque gallo-romaine. En ces temps reculés Verdun n'était qu'un camp fortifié en haut de la colline où se trouve actuellement la Cathédrale. Les celtes appelait cela un oppidum, et les romains, toujours plus malins que les autres, préféreront le terme de castrum. Profitons de ce petit saut dans le temps pour rappeler que ce sont les gaulois qui ont donné à notre charmante cité le nom de Verdun signifiant la forteresse (dunum) qui surveille le passage sur une rivière (vir).

Nous sommes au IIIe siècle, le castrum romain n'est pas bien grand (500 m sur 250 m) et on peut y pénétrer par deux portes : la porte Mazel à l'est (qui se situait vers "les petits degrés" actuels) et la porte Châtel à l'ouest, la seule que les années aient épargnée (voir ce petit plan) . Ce camps retranché est régulièrement la cible d'invasion, et l'année 451 verra même la destruction complète de la ville par le fléau de Dieu en personne, j'ai nommé le cruel Attila, roi des Huns. L'Evêque de la place de Verdun comparera dans ses écrits Verdun à un "un champ labouré par les sangliers et les bêtes sauvages".

La cité est aussitôt reconstruite (avec cette fois-ci l'église à l'intérieur des murs du castrum, à l'emplacement de l'actuelle cathédrale) et ses défenses sont renforcées afin de résister un peu mieux aux assauts barbares. Le moyen-âge voit également la création d'une troisième porte dite "du princier". La porte Châtel tel que nous pouvons la voir date de cette époque (XIIe siècle) et certains l'appellent alors Porte Champenoise car c'est par elle que l'on accède... à la Champagne (c'est bien il y en a au moins un qui suit). Elle sera ensuite régulièrement retouchée avant d'être finalisée par Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban au XVIIe siècle, et inscrite à l'inventaire des monuments historique en 1924.

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 12:02
La Crypte de la Cathédrale de VerdunC'est l'hiver, de noirs nuages envahissent le ciel lorsque je pénètre dans la Cathédrale par la rue Monseigneur Ginisty (Google Maps). J'entends des pas résonner quelques part à l'intérieur. Les cierges projettent des ombres vacillantes sur les piliers lorsque la porte du cloître se referme derrière une forme fuyante.

L'orgue du XVIIIe siècle, immense, laisse entendre un bourdonnement venu d'outre-tombe. Je lève les yeux vers la voûte 18 m plus haut puis me dirige d'un pas hésitant vers le choeur en empruntant un des couloirs latéraux. Je passe devant le Portail de la Vierge puis devant plusieurs Chapelles vaguement éclairées. Dans l'une d'entre elles, quelques cierges ont réveillé la Bête qui tente de se dégager de l'épée de St Michel. Je poursuis mon chemin et emprunte l'escalier qui s'enfonce dans le sol jusqu'à la Chapelle Ste Walburge. Dans cette petite crypte latérale du XIIe siècle le regard est immanquablement attiré par les chapiteaux qui ont conservé leur polychromie originelle. Je me situe alors au niveau du rez-de-chaussée de l'ancienne tour romane détruite en 1755 (comme quoi tout change...) et sur ma droite se trouve l'ouverture de la Grande Crypte romane réalisée par Garin de 1136 à 1160.

L'atmosphère est pesante, surtout quand l'on sait qu'il y a encore un siècle toute cette zone souterraine était comblée par de la terre, les grandes orgues sont maintenant pratiquement inaudibles et je suis sûr que si je criais... personne ne m'entendrait. C'est à l'occasion de la reconstruction de la Cathédrale, faisant suite aux bombardements de la Première Guerre Mondiale, que l'on redécouvrit cette crypte que les architectes Ventre et Delangle dégagèrent et restaurèrent de 1920 à 1940. Quelle intrigante sensation que de pouvoir contempler, en même temps, les signatures des tailleurs de pierres du XIIe et les chapiteaux de l'époque contemporaine représentant des scènes de la guerre 1914-1918.

Le chemin de procession me fait passer devant la statue de la vierge, couronnée par le pape Jean XXIII, puis m'entraîne jusqu'à la Chapelle St Auguste dont les voûtes sont couvertes de peintures murales du XVe siècle. L'Annonciation, le Christ montrant ses plaies, le Crucifiement, la Présentation de la Vierge au Temple, la Visitation. La Résurrection des morts. Le boyau qui remonte à la surface laisse percevoir, telle une colonne vertébrale que n'aurait pas reniée H.R. Giger, la succession des clefs de voûtes du deuxième couloir latéral.

Tandis que je remonte à la surface l'orgue envahit de nouveau l'édifice, je dépasse de nouvelles chapelles et me dirige vers la sortie. Je me retourne une dernière fois vers les vitraux qui surplombent le cloître, juste à temps pour contempler la myriade de projections multicolores causées par un furtif rayon de soleil.

La lueur disparaît, le souffle des grandes orgues laisse la place à un silence de mort. Je sors...

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 17:07
La Tour Chaussée de VerdunJ'avais déjà écrit un petit article sur ce monument ici. Mais je suis tombé récemment sur un petit dépliant non signé mais très complet que je me permets de reproduire en intégralité ci-dessous. Ce dépliant est disponible aux heures d'ouverture de la Tour (tous les mardis de 10h à 12h) (Google Maps).


"Elevée à partir de 1380 par le riche drapier et amateur de beaux bâtiments, doyen séculier et magistrat, Jean Wautrec, cette Tour est construite à l'endroit stratégique pour entrer dans la ville de Verdun par la face est.

Il voulut que cette Tour soit encore plus belle et plus haute que les trente tours déjà existantes carrés ou cylindriques, les unes couronnées de mâchicoulis et pouvant recevoir un ou deux étages d'artillerie, les autres couvertes de combles coniques sommés de l'aigle germanique.

Il fit donc construire deux grosses tours rondes et jumelles rattachées par un portique abritant le couloir de liaison intérieur et la chambre des herses. C'est cette tour que l'on peut admirer aujourd'hui.

Son architecture rappelle celle de la Bastille de Paris. Elle comprend trois étages au-dessus de la cave et se termine par une terrasse portant un couronnement à créneaux et à mâchicoulis. A la base de la Tour, les murs extérieurs ont une épaisseur de 1m75.

La tour chausséeMalgré la solidité que Wautrec avait voulu donner à sa Tour, il fallut démolir entièrement la partie contiguë à la rue des Sergents (partie gauche), à la suite d'un affaissement du sol survenu en 1690. On la reconstruit sur le modèle exact à l'autre moitié et avec les anciennes pierres de façon à conserver sa symétrie et son cachet. De cette construction date : l'arcade en plein cintre ainsi que, du côté est, le fronton d'ordre Toscan qui dissimule l'ancienne porte ogivale.

L'édifice appartint à la Ville de Verdun jusqu'au 4 novembre 1754. A cette date, en l'échange d'une décharge de paiement du concierge des anciennes prisons et de leur entretien par la commune, la royauté s'en empara pour en faire une prison militaire. Mais à partir de 1880, soit un siècle plus tard, l'Etat en fut embarrassé et la mit en vente si bien que la Ville de Verdun la racheta en 1899 pour le prix de 5 025 F d'époque, alors qu'elle lui appartenait de droit, mais à cette époque, la ville était riche et se trouvait en pleine expansion par la construction des forts. Il faut rappeler que c'est à cette époque que nombre de grands édifices seront construits : Théâtre, Mess des Officiers, collège Buvignier.

Vers 1880, le Génie Militaire trouvant le porche trop étroit pour le passage des troupes et des chariots voulut agrandir l'ouverture et même démolir la Tour. L'opinion publique locale s'émut tellement, et à juste titre, que la Tour resta intacte. On supprima seulement le pont-levis donnant sur la Meuse et on remblaya au pied nord de la Tour une large voie d'accès permettant le dégagement sur la rue Boulhaut. Mais en construisant le mur de soutènement de cette voie, on dissimula le pied droit de la Tour qui baignait dans l'eau de la rivière. L'émotion de la ville se calma définitivement lorsque la Tour fut classée monument historique le 21 mars 1881...

C'est également en 1880 que le Pont Chausée fut reconstruit en pierre de taille en forme de pont voûté d'allure lourde et massive. Ajoutons que ce pont fut détruit en 1916 et après la première guerre mondiale, on décida de mettre la Tour plus en valeur et lors de l'aménagement du quai de Londres, on démolit les maisons côté sud accolées à la Tour.

En 1940, le pont fut à nouveau détruit et reconstruit en 1950 après une vive polémique. En effet, architectes et urbanistes avaient suggéré d'aménager devant la porte moyenâgeuse une jolie passerelle du même style, ce qui sans nuire à la beauté de la Tour, l'aurait au contraire mise en relief, car les pieds, à nouveau dégagés, auraient baigné dans l'eau. Un autre pont routier aurait été construit dans le prolongement de l'avenue Garibaldi. En fait, les architectes ne faisaient que reprendre le projet de Vauban qui en 1698 avait eu l'intention de faire construire un pont couvert à cet endroit pour barrer la Meuse sur cette face.

Les murs et les plafonds des salles ont été plâtrés et peints mais la cage d'escalier en bois et les portes ont gardé leur cachet d'origine avec leurs vieux gonds de fer noir, leurs grossiers verrous et leurs antiques judas.

La silhouette de la Tour Chaussée est connue du monde entier. Elle a servi d'emblème aux insignes militaires et même au génie militaire américain en hommage à Jean Nicolas Désandrouins, né à Verdun en 1729 et commandant de Génie du Corps Expéditionnaire français pendant la guerre d'indépendance de l'Amérique.

Les poètes chantèrent aussi les exploits de la Tour (cf. poème d'Edmond Pionnier écrit au début du siècle avant la première guerre mondiale)."

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 16:47
Projet de monument de la Victoire à VerdunNous avons récemment investi dans un ouvrage intitulé "Verdun" dans la collection "Mémoire en Images", de Jacques Chenal, François Mettavant et Alain Taurelle (vous pouvez le commander ici).

Ce petit livre  est illustré de 230 reproductions de cartes postales anciennes parmi lesquelles ce premier projet de monument dédié à la Victoire. Comme vous vous en doutez ce projet sera abandonné au profit d'un autre beaucoup moins massif.

Personnellement, je trouve que la municipalité verdunoise de l'époque a fait le bon choix. Et vous ? Qu'en pensez-vous ?

(Google Maps)

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Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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