Voici une photographie du
baldaquin de la cathédrale de Verdun.
Vu sous cet angle cela ne se remarque pas trop, mais il ressemble beaucoup à celui qui orne le choeur de la Basilique Saint Pierre de Rome (ou plutôt du Vatican).
Cette fantaisie baroque date de 1760 et on la doit à Monseigneur Aymar-François-Chrétien-Michel de Nicolaï, évêque de Verdun, et accessoirement frère d'une comtesse, d'une marquise, d'un marquis
et d'un maréchal de France. C'est fou comme le hasard fait bien les choses...
En cette période de Fêtes vous trouverez aux pieds du baldaquin une crèche en bois (également visible sur le blog Casy-parfait).
Sur ce je vous souhaite à tous, amis lecteurs, de joyeuses fêtes de fin d'année.
Cela fait déjà plus de deux mois qu'ont eu lieu les Journées du patrimoine et je m'aperçois que je ne vous ai pas encore parlé de l'intérieur de la synagogue de
Verdun (Google Maps).
Cet édifice, entretenu par la petite communauté juive de Verdun, a été construit dans les années 1870, une dizaine d'années donc avant la chapelle St Joseph réputée pour être la première église
de France à faire usage du métal dans sa structure porteuse. Quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir que cette synagogue bénéficiait également d'une structure porteuse métallique dite
"Eiffel". En même temps, c'est vrai qu'une synagogue n'est pas une église. L'honneur de St Joseph est donc sauf.
Autre surprise : ces immenses verrières qui apportent la luminosité nécessaire à cet édifice dépourvu de fenêtres latérales (ce qui lui donne un petit air de vaisseau spatial très seventies).
Dernière particularité, la juxtaposition avec la maison du rabin fait de cette synagogue de style hispano-mauresque un cas unique en Lorraine.
N'hésitez pas à consulter les articles ci-dessous si vous ne vous souvenez plus de son aspect extérieur ;)
C'est un escalier de pierres inégales et glissantes qui mène dans cette crypte sombre, froide et humide. Une fois sur le sol
en terre battue le regard se porte à droite puis à gauche, le salpêtre recouvre les murs et des araignées, calcifiées, pendent encore au bout de leur fil. Sous les voûtes romanes oppressantes,
des colonnes massives occupent l'espace, laissant peu de place à la circulation.
Cette crypte fut creusée il y a mille ans par l'évêque Heimon lors de la construction d'une toute nouvelle abbaye bénédictine, l'abbaye St Maur. Son emplacement ne doit rien au hasard
puisque s'y trouvait auparavant un oratoire où Saint Saintain aurait baptisé les premiers chrétiens de Verdun (oratoire détruit par Attila en 451 et reconstruit à l'époque par St Airy).
Mais ce qui justifie l'implantation de l'abbaye à cet endroit c'est avant tout la proximité du ruisseau de la Scance car, pour obéir à la règle, les religieuses devaient trouver dans leur enclos
tout ce qui leur était nécessaire.
On raconte que cette crypte abrita, pendant fort longtemps, les reliques des trois premiers évêques de Verdun qui officièrent aux IVe et Ve siècles : Saint Saintin, Saint Maur et Sant Salvin.
Quoiqu'il en soit, l'abbaye fut détruite en 1552 pour des raisons de sécurité, mais la crypte, elle, est toujours là ; et si un jour une édition "Verdun" du Monopoly devait être éditée, la crypte
St Maur se trouverait à coup sûr sur la case la plus chère puisqu'elle est située... rue de la Paix (Google
Maps).
La première fois que j'ai entendu
parler de ce pont-écluse je me suis dit : "Oh ! quel bel oxymore, comment diantre un bateau pourrait-il passer
sous ce pont de pierres servant à la circulation routière ?"
Mais ça, c'était avant. Et oui, avant que je comprenne que cette écluse n'était pas destinée à faire passer des embarcations, mais uniquement à faire varier le niveau de l'eau.
Pourquoi diable, vous demandez-vous, le sieur Vauban aurait-il pris tant de peine à concevoir un mécanisme capable de modifier le niveau du canal St Vanne si ce n'est pour optimiser la navigation
fluviale ?
Connaissant le bonhomme, vous allez tous répondre en choeur : "fichtre, cet ingénieur hydraulicien était avant tout un architecte militaire, ce pont devait donc avoir une fonction défensive !" ;
et vous aurez raison.
C'est en 1680, lorsque Vauban entreprend le remaniement complet de la fortification de Verdun, qu'il décide de concevoir ce système défensif utilisant les eaux de manière dynamique. Le concept
est simple et ingénieux : défendre le flanc sud de la ville en se donnant la possibilité de provoquer volontairement une inondation du Pré l'Evêque. Pour cela il suffit de retenir les eaux en
amont de Verdun.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Et ce n'est pas un pont-écluse mais trois qui sont en fait construits pour bloquer toutes les voies d'eaux entrant dans la ville : le pont-écluse St Amand sur
le canal St Vanne, le pont-écluse St Airy sur le canal St Airy, et le pont-écluse St Nicolas qui bloquera la Meuse au niveau de l'hôpital (il n'y avait pas encore de tunnel à l'époque).
Le système sera testé à cinq reprises de 1687 à 1870, dont une première fois lors du passage du roi Louis XIV à Verdun, mais jamais il ne servira en temps de guerre.
Aujourd'hui, on peut encore observer les piles du pont Saint Airy, mais le pont-écluse Saint Amand est le seul en France à posséder encore son bâtiment de manoeuvre avec tout son mécanisme, c'est
pourquoi il mérite d'être conservé, restauré, et (re)visité lors des prochaines journées européennes du patrimoine.
Et pour mieux comprendre les effets de ce système défensif, n'hésitez pas à cliquer sur le diaporama ci-dessous.
Nous avons profité des
journées du patrimoine pour pénétrer dans la Chapelle Saint Joseph de Verdun, ce qui me donne l'occasion de compléter l'article que j'avais écrit à son sujet il y a maintenant un an et demi.
Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous savez déjà que cette chapelle a été construite par l'architecte Chenevier en 1888 et que son armature entièrement métallique donne à cette
chapelle une apparence résolument moderne.
En fait, cet édifice a bénéficié des avancées industrielles du XIXe siècle, époque qui a vu fleurir de nombreuses gares, grands magasins, halles et ponts entièrement métalliques. C'est d'ailleurs
cette architecture "Eiffel" qui a sauvé la chapelle lors de la Première Guerre mondiale puisqu'elle put être entièrement démontée puis remontée à l'identique quelques années plus tard.
Par contre, ce que je ne savais pas avant d'entrer dans la chapelle St Joseph, c'est à quel point ces colonnes de fonte, ces arcatures et ces balustrades en fer forgé étaient finement
décorées.
Tout cela mérite bien une visite et un album photo.