Verdun

Verdun, nous y habitons depuis peu mais nous sommes déjà séduits. Nous cherchons donc à casser l'image plutôt négative de cette ville, réputée pour être froide et austère.

Verdun,
on y vient en reculant,
on la quitte en pleurant.

Lundi 5 mai 2008
Liste des Evêques de Verdun
Après la mystère de la disparition du Maréchal Joffre (que j'avais évoqué dans cet article) nous allons aujourd'hui aborder celle de Jean-Baptiste Aubry, né dans la Meuse à Saint-Aubin-sur-Aire, et Evêque de son état.

Tout d'abord, rassurez-vous, il ne s'agit pas d'un enlèvement. Le gars est mort en 1813 et son tombeau, situé dans le cimetière de l'église paroissiale de Commercy, n'a pas été profané. C'est son nom qui a disparu. Vous pouvez le chercher dans Wikipedia. Rien, nada, que dalle.

Et si vous vous rendez à l'ancien palais épiscopal de Verdun et que vous jetez un coup d'oeil à droite de l'entrée : c'est pareil ! Vous pouvez lire les noms de 110 Evêques de Verdun, de Saint Saintin (dont je vous avais parlé ici) jusqu'à François MAUPU actuellement en exercice, mais le nom de celui qui exerçait de 1791 à 1793 a disparu, remplacé par un simple trait. Incroyable, non ?

Pour comprendre pourquoi l'Eglise a voulu oublier son nom il faut remonter à l'époque de la révolution française.

Jusqu'à 1790 les relations entre la France et l'église catholique sont régies par le concordat de 1516. Les députés de l'Assemblée constituante, qui trouvent que ça commence à bien finir, décident de pondre un nouveau texte pour que l'église soit plus en phase avec l'idée qu'un révolutionnaire peut se faire de la religion. Et c'est ainsi que nait la loi sur la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790. Cette loi entend, entre autre, transformer les prêtres paroissiaux en "fonctionnaires publics ecclésiastiques" (élus par les paroissiens, payés par l'état, et dont "l'utilité publique" repose sur les sacrements et le soin des âmes), et entend surtout abolir les vœux monastiques (et donc supprimer 100.000 moines et bonnes soeurs jugés "inutiles", c'est-à-dire les deux tiers du clergé de cette époque).

Une fois la loi votée il ne reste plus qu'à faire en sorte que les religieux adhèrent au concept. Et là c'est le drame ! Le Pape Pie VI fait une grosse colère (d'autant plus qu'il n'a pas été consulté) et la plupart des Evêques refusent de prêter serment à la Constitution civile du clergé. C'est en particulier le cas de Henri-Louis-René Desnos (parfois écrit "des Nos"), qui préfère partir en exil en laissant son siège épiscopal verdunois à Jean-Baptiste Aubry, député du clergé aux Etats-Généraux, qui fait allégeance à la constitution et devient le nouvel Evêque, non pas de Verdun, mais de la Meuse (puisque les révolutionnaires ont également réduit le nombre de diocèse à un par département).

Se crée alors une scission au sein de l'Eglise de France entre les Prêtres réfractaires, qui refusent de prêter serment à la Constitution civile du clergé et restent fidèles au Pape, et les Prêtres constitutionnels appelés également "assermentés" ou "jureurs", et plus communément, "intrus". Bref, le Vatican ne pardonnera jamais le progressisme des Evêques constitutionnels.

Il en est ainsi de l'Evêque Aubry, mais également de l'Abbé Grégoire, prêtre lorrain qui deviendra Evêque du Loir-et-Cher, et dont les cendres ont été transférées au Panthéon lors du bicentenaire de la Révolution française en 1989 sous les foudres de Monseigneur Lustiger.

Voilà, vous savez à peu prêt tout sur ce mystérieux trait qui fait tâche au milieu de la liste des Evêques verdunois.
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Dimanche 30 mars 2008
Les virges de Verdun montent à l'échafaud
Dans l'article précédent nous avions laissé la ville de Verdun aux mains des prussiens. Nous sommes alors le 2 septembre 1792 quand le Général Kalkreuth entre en ville pour régler les formalités administratives de la reddition. Et tout à coup c'est le drame ! (on se croirait dans une émission de Julien Courbet). Au moment où la délégation prussienne s'apprête à quitter la ville un coup de feu retentit et un des lieutenants (un hussard ayant rejoint le camps prussien) tombe à terre.

La rumeur court alors que l'armée prussienne va raser la ville, et la municipalité envoie rapidement quelques représentants au quartier général ennemi afin de proposer des réparations convenables. Devant le refus prussien, la municipalité décide, en dernier recours, d'envoyer une délégation moins officielle au roi de Prusse : dix-sept jeunes femmes chargées de lui remettre, entre autres, une superbe corbeille de dragées de Verdun (Braquier existe depuis 1783). Mais Frédéric Guillaume, le roi de Prusse, ne les recevra même pas.

Et l'armée prussienne continua sa marche sur Paris.

Contre toute attente, elle fût stoppée par Kellermann à Valmy le 20 septembre 1792, et ce dernier reprendra possession de Verdun le 14 octobre 1792. "Vive la Révolution !" crient alors les habitants de Verdun fous de joie.

Mais avec la guerre qui fait rage et les rumeurs récurrentes de complots contre-révolutionnaires les premiers tribunaux révolutionnaires sont créés et la Terreur se met en place. Louis XVI est guillotiné le 20 janvier 1793, et en février les partisans de la Terreur, qui avaient besoin de trouver des responsables "contre-révolutionnaires" à la déroute de Verdun, écrivent alors leur version de l'histoire.

Moulin de Valmy
Pour eux, la population verdunoise avait pactisé avec l'ennemi. Des verdunoises, aguichantes et royalistes de surcroît, avaient revêtu leurs plus beaux habits pour fêter l'arrivée des prussiens qu'elles ont accueillis avec de riches présents. Un bal avait même été organisé ; un bal auquel aurait participé le roi de Prusse en personne.

Trente-cinq individus seront condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire pour avoir «conspiré contre le peuple français, en entretenant des intelligences et correspondances avec les ennemis de la France, tendant à favoriser leur entrée dans la forteresse de Verdun aux troupes prussiennes». Parmi ces individus on dénombre six femmes et huit jeunes filles, âgées de quinze à vingt-quatre ans. Seules les deux plus jeunes échapperont à la guillotine, leur peine étant commuée en vingt ans de détention.

Toutes ces têtes tomberont au fond d'un panier révolutionnaire le 26 avril 1794.

Cet épisode de la Terreur, inspirera malheureusement plus d'écrivains et de poètes que d'historiens, ce qui explique les nombreuses divergences et exagérations dans les récits qui nous sont proposés. Victor Hugo écrira qu'on a guillotiné une enfant de treize ans, tandis que d'anciens partisans de la Terreur affirmeront qu'aucune des femmes guillotinées n'avait moins de quarante ans. L'imagerie romantique de l'époque en fera des vierges (à cause des vêtements blancs qu'elles portaient en montant sur l'échafaud), et aujourd'hui encore il est difficile de démêler le vrai du faux dans cette histoire qui a inspiré tant d'oeuvres littéraires.


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Vendredi 28 mars 2008
Reprenons l'histoire de la Révolution Française où nous l'avions laissée dans l'article précédent, et voyons comment Verdun s'est retrouvée mêlée à tout cela...

Après son arrestation à Varennes le 21 juin 1791, Louis XVI est plus ou moins assigné à résidence au Palais des Tuileries et, bien qu'il reste le roi des Français, ses pouvoirs lui sont retirés ; pas pour très longtemps puisque l'Assemblée le rétabli dans ses prérogatives le 16 juillet 1791. Sa tête n'est pas encore prête à tomber...

De leur côté les monarques européens regardent d'un drôle d'oeil cette révolution française qui pourrait donner des idées à leurs peuples soumis. Et, de menaces en ultimatum, la France finit par déclarer la guerre à l'Autriche, et par le jeu des alliances à la Prusse, le 20 avril 1792.

En fait, c'est Louis XVI lui-même qui demande à entrer en guerre, espérant que ses voisins couronnés viendront l'aider à récupérer son pouvoir absolu et mettront fin à cette stupide révolution. De son côté, l'Assemblée, poussée par les Girondins, espère, elle,  répandre les bienfaits de la Révolution dans toute l'Europe.

Pour fêter cette guerre qui durera 23 ans, Rouget de l'Isle écrit une chansonnette facilement mémorisable, même par des soldats, chansonnette qui deviendra plus tard "La Marseillaise".

Pour être franc, je ne sais pas trop en quoi a consisté cette guerre jusqu'au mois d'août 1792. Toujours est-il, qu'à ce moment là les événements se précipitent. Quelques décisions royales provoquent la grogne du peuple, l'insurrection gronde, l'armée prussienne et les contre-révolutionnaires français en exil menacent Paris d'une «exécution militaire et une subversion totale» si quelqu'un fait du mal au roi ou à la reine. Le 10 août les sans-culottes s'emparent des Tuileries, le 11 août l'Assemblée nationale devenue législative met en place un conseil exécutif provisoire et instaure le suffrage universel. Le 13 août 1792 la famille royale est enfermée à la prison du Temple.

Forcément, la Prusse et l'Autriche ne sont pas trop contentes et elles engagent les hostilités aux frontières nord-est de la France le 19 août ; et pendant que Longwy capitule, à Verdun on se prépare à recevoir l'ennemi.

Il faut bien se rendre compte que l'armée révolutionnaire de fait pas trop la fiérote. La plupart des officiers et pas mal de soldats à tendance royaliste ont depuis longtemps quitté la France pour rejoindre les monarchies voisines, et l'Assemblée a beau lever quelques dizaines de milliers d'hommes, le compte n'y est pas. Pour couronner le tout nos amis sans-culottes avaient un peu oublié de tenir compte d'une éventuelle l'alliance de l'Autriche avec la Prusse.

Et à Verdun c'est encore pire. Les remparts, encore en travaux à certains endroits, sont intenables par manque d'hommes, de canons et de munitions adaptées. Devant cette situation aussi désavantageuse, le commandant de la Place de Verdun, le Général Galbaud, demande et obtient d'être affecté ailleurs, et il cède la patate chaude au plus ancien des officiers de la garnison : le lieutenant colonel Nicolas-Joseph Beaurepaire du bataillon de Mayenne-et-Loire.

Le 29 Août, Verdun est assiégée par les prussiens. Malgré l'inégalité des forces en présence, Beaurepaire et le conseil de défense de la ville décident de résister afin de bloquer la marche des prussiens sur Paris. Mais la résistance ne durera pas. Le 31 août 1792 débute le bombardement de la ville et dans la nuit du 1er au 2 septembre 1792 le Conseil de Défense finit par voter la capitulation contre l'avis de Beaurepaire.

Au petit matin on retrouvera le corps sans vie de Beaurepaire, tué d'une balle dans la tête. Même si certains affirment qu'il fût assassiné par des royalistes impatient de pactiser avec les prussiens, il semblerait plutôt qu'il se soit lui-même donné la mort pour l'honneur (et pour avoir un pont à son nom à Verdun).

Quoiqu'il en soit, les prussiens s'apprête à prendre possession de la Place de Verdun et à marcher ensuite sur Paris.

A suivre...

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Mercredi 12 mars 2008
Nécropole de DouaumontTout le monde en parle, presse, radio, télévision, internet, l'info a déjà fait le tour du monde. Le dernier combattant français de la Première Guerre mondiale n'est plus.

Vous pourrez lire partout la biographie de Lazare Ponticelli, ses faits d'armes à Verdun et ailleurs, ainsi que les innombrables messages de sympathie exprimés par les politiciens de tous bords. Je suis sûr que même les plus réactionnaires d'entre eux trouveront quelque chose de sympa à dire sur cet immigré italien qu'ils renverraient chez lui par charter s'il franchissait la frontière aujourd'hui.

Tout le monde va y aller de sa petite phrase sur la force et le courage de ces jeunes soldats qui sont morts pour la France. Je me demande si un seul média va déroger à la règle et parler de cette Patrie qui les a envoyé mourir à la guerre. Moi qui pensais que la leçon à tirer de cette boucherie était "plus jamais ça", voilà qu'aujourd'hui on nous en fait un "exemple pour la jeunesse"...

Lazare, lui, refusait les honneurs. Il pensait juste qu'il avait eu de la chance de rester en vie. Ils voulait simplement que l'on profite de son décès pour avoir une pensée pour toutes les victimes des guerres : hommes, femmes et enfants.

«Nous avons fait une guerre sans savoir pourquoi nous la faisions.
Pourquoi se tirer dessus alors qu'on ne se connaît pas ?
»
Lazare Ponticelli.

"Aux enfants, je leur dis et je leur répète : ne faites pas la guerre."
Lazare Ponticelli.

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Mercredi 5 mars 2008
undefinedAujourd'hui je vais vous parler des origines du christianisme. Mais comme c'est tout de même une vaste question, je vais me limiter à l'avènement du christianisme... dans notre bonne vieille ville de Verdun.

Tout commence il y a environ 1664 ans lorsqu'un meldois nommé sanctinus arrive à Verdun pour y apporter non pas de la bière (1664 !) ou du Brie (de Meaux) mais... la bonne parole.

Et voilà t'y pas que notre Sanctinus, chaussé d'affreuses sandalettes en cuir, sort un gros bouquin intitulé "Nouveau Testament" et qu'il se met à raconter la vie d'un héros vachement balèze, un certain Jésus de Nazareth. Pour faire bref : Sanctinus évangélise Verdun placée alors sous juridiction romaine.

En fait le boulot n'est pas trop compliqué puisque c'est à cette époque que nos amis romains cessent de donner des chrétiens au petit déjeuner à leurs lions. Pour changer un peu, l'Empereur Constantin a en effet décidé d'abandonner le culte romain antique pour faire du catholicisme la religion officielle de son Empire. C'est décidé : à partir de là les lions mangeront du païen.

Sanctinus, fonde alors une église dédiée à Saint Pierre et Saint Paul dans le quartier de Saint Vanne, au sommet de la colline autour de laquelle sera construite plus tard la Citadelle. Ce lieu de culte sera déplacé un siècle plus tard à l'emplacement de l'actuelle cathédrale.

En 346 il devient le premier Evêque de Verdun (1er sur 117 c'est plutôt pas mal comme classement !). Vers la fin de sa vie il retournera officier à Meaux avant de mourir en 356. Les siècles passant, il sera béatifié puis canonisé pour devenir le Saint Saintin que vous connaissez maintenant et que vous fêterez dorénavant tous les 22 septembre.

A Verdun subsistent aujourd'hui encore quelques traces de son passage : cette statue signée "Lacroix" et datant de 1939 (Google Maps), mais également un retable en marbre et des reliquaires du XVIe siècle conservés à la Cathédrale et au Palais épiscopal. L'un contient une sainte dent, tandis que l'autre représente la Trinité montée sur une boule de cristal de roche.
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Nuit des musées

Musée de la Princerie
samedi 17 mai de 20h à 24h

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