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3 janvier 2007 3 03 /01 /janvier /2007 13:55

L'histoire de Verdun plonge ses racines dans les temps les plus reculés, à l’âge de la pierre taillée (paléolithique : la présence humaine dans la région date de 300 à 400 000 ans). De sa situation sur un éperon rocheux dominant le fleuve, provient le nom celte de Verdun signifiant la forteresse (dunum) qui surveille le passage sur une rivière (vir ?). Oppidum celte puis castrum romain, après l’invasion des Gaules, Verdun sera évangélisée au IVe siècle. À l'époque carolingienne, Verdun est un important marché aux esclaves où viennent s'approvisonner les marchands occidentaux, juifs et musulmans.

 

Le traité de Verdun en 843 est considéré par les historiens comme l'un des plus importants de l'histoire européenne. En effet, il consacre la partition de l'empire de Charlemagne, en trois unités distinctes qui donnent naissance à l'ouest à la future France et à l'est à la future Allemagne. La large bande de terre située au centre,qui relie la mer du Nord à la Méditerranée, connaîtra une rapide décomposition en plusieurs territoires : la question de la frontière entre France et Allemagne est posée pour un millénaire.

 

Louis le Pieux (ou le Débonnaire) succède à Charlemagne, son père, en 814. Il ne parvient pas à maintenir l'unité du vaste empire, que trois de ses fils se disputent déjà de son vivant. À sa mort, en 840, Lothaire l'aîné revendique la succession sans partage, mais ses deux frères Charles le Chauve et Louis le Germanique réclament une part de l'héritage et font alliance . En 841 à la bataille de Fontenoy (à côté d'Auxerre), les deux frères remportent une victoire décisive sur l'armée de Lothaire. Et en 842, par le serment de Strasbourg, ils scellent leur union et obligent Lothaire à négocier le partage de l'empire.

 

Les contours de ce partage seront dessinés à Verdun en 843. Charles se voit attribuer la Francie occidentale (France) et Louis la Francie Orientale (Germanie). Lothaire obtient la Francie médiane (Lotharingie d'où la Lorraine tire son nom).

 

En 888, un incendie détruit la cathédrale de la ville.

 

De 936 à 1089, Verdun connaît l’une des plus brillantes périodes de sa longue histoire. Les empereurs, les évêques, les comtes, les moines et les marchands qui se succèdent apportent tous quelque chose de singulier, d’original, d’extraordinaire au développement comme à l’épanouissement de la ville. Si les Xe et XIe siècles sont désormais connus pour être ceux de l’apogée de Verdun, dans la foulée le XIIe sera celui d’un sommet artistique et d’un grand homme : Nicolas de Verdun, sans doute le plus grand orfèvre du Moyen Âge.

 

Les évêques de Verdun, à l’époque, viennent tous de l’entourage impérial. D’ailleurs, il est d’usage de parler « d’Eglise impériale ». Ainsi, par exemple, Haimon fait-il bâtir bien des édifices religieux qui connaîtront une belle notoriété et favoriseront le rayonnement de Verdun. Cet évêque reçoit même au début du XIe le droit de nommer le comte de Verdun, le droit aussi de frapper monnaie.

 

Après la dislocation de l’empire carolingien qui fait de Verdun une zone stratégique (Verdun, somme toute, de tout temps s’appréhende comme une zone stratégique), il convient de saluer les Comtes de Verdun qui sont autant de « grands seigneurs laïcs inconstants, toujours ambitieux, mais pieux et magnifiques » comme le souligne un éminent historien. Parmi ceux-ci, citons Godefroy II le Barbu qui combattit Verdun, brûla même dans sa colère la cathédrale, avant de devenir un authentique bienfaiteur et de voir fils et neveu lui succéder.

 

Les moines aussi signeront de splendides épopées verdunoises en matière de réforme religieuse et d’exemple spirituel. Parmi eux, Richard de Saint Vanne qui maîtrisera la Place de Haute Pensée sur une vingtaine d’abbayes pendant près d’un demi-siècle (1005-1046) aura l’appui des empereurs, des rois de France et des comtes de Flandres. Nous possédons de lui plusieurs manuscrits remarquables.

 

De nombreux et dynamiques marchands, animateurs permanents d’un commerce international, parcourent l’Europe et font de Verdun un riche marché de tissus, d’armes, d’épices, d’ivoire, de fourrures, et même d’esclaves. Retenons que Verdun, ville libre du Saint Empire romain germanique, centre religieux et artistique, est un lieu manifeste d’incessante vie économique et stratégique. Verdun au cœur du monde, pourrait-on dire sans craindre d’exagérer. Ponts, fortifications, abbayes, monastères, cathédrale en perpétuel construction, Verdun s’impose comme une ville toujours en mouvement, une lumière d’or dans ces siècles parfois si sombres.

 

À partir de 1552, débute un processus de rattachement à la France. Verdun forme, avec Metz et Toul, les Trois-Évêchés. Le 12 juin 1552, Henri II, roi de France, entre dans Verdun qui n'oppose pas de résistance. Depuis 925, la ville faisait partie du Saint Empire romain germanique. Arrivé de Damvillers, où se trouve cantonnée son armée, le roi de France ne reste que quelques heures dans la cité épiscopale mais laisse en demeure une garnison de trois cents hommes sous le commandant du maréchal Tavannes. C'est le début d'un processus qui conduira au rattachement définitif de Verdun à la France, entériné en 1648 par le traité de Westphalie.

 

Fortifiée par Vauban, elle fut pourtant prise en 1792, puis en 1870, lors de la Guerre franco-allemande de 1870. La ville fut alors l'enjeu de nombreuses batailles. L'armée allemande barra en effet la route qui la reliait à Metz, rendant impossible la retraite de l'Armée du Rhin sur Châlons-sur-Marne.

 

En 1916, la bataille de Verdun fut l'une des principales batailles de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle la ville résista à tous les assauts.

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Published by Bertaga - dans Verdun : la ville
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FRANVILLE Jean 03/08/2007 20:55

J'ai déjà essayé de poster un commentaire à cet article (il s'agissait de vous proposer un document - inscription gallo-romaine - ignoré de nos historiens verdunois et incontournable pour l'explication du nom de Verdun) mais votre filtre demandant d'identifier une séquence de caractères a trop bien fonctionné, ou trop mal parce que cela me paraissait clair et je ne pense pas m'être trompé, surtout deux ou trois fois de suite (note). Si cette fois je réussis à le passer (ce message sert en même temps de test), pourriez-vous me contacter à l'adresse (Internet) indiquée. Je voudrais vous montrer le document.
J.F.

(note : cette fois, c'est plus ambigu 1F9 ou 7F9 ; je choisis 7F9 : on verra)

Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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