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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 07:00
Henri II devant le marché couvert de VerdunAprès un rapide coup d'oeil au superbe marché couvert construit à partir de 1851 par l'architecte de la ville de Verdun, Cauyette, nous contournons le bâtiment et allons faire une petite pause devant le buste d'Henri II, l'occasion de présenter le blason de la ville et de faire un point d'Histoire.

Le blason, que l'on a déjà pu observer à plusieurs reprises lors de cette visite guidée de Verdun, date du moyen-âge et représente symboliquement la ville fortifiée entourée d'une muraille garnie de tours et de portes, au milieu de laquelle trône la cathédrale.

Intéressons-nous maintenant à l'Histoire pour comprendre comment le traité de Verdun de 843 dessina les contours de l'Europe actuelle et comment Verdun se retrouva rattachée à la France grâce à Henri II.

Le traité de 843Le traité de 843 est considéré par les historiens comme l’un des plus importants de l’histoire européenne. En effet, il consacre la partition de l’empire de Charlemagne, en trois unités distinctes qui donnent naissance à l’ouest à la future France et à l’est à la future Allemagne. La large bande de terre située au centre et qui relie la Mer du Nord à la Méditerranée connaîtra une rapide décomposition en plusieurs territoires : la question de la frontière entre France et Allemagne est posée pour un millénaire.

Louis le Pieux (ou le Débonnaire) succède à Charlemagne, son père, en 814. Il ne parvient pas à maintenir l’unité du vaste empire, que trois de ses fils se disputent déjà de son vivant. A sa mort, en 840, Lothaire l’aîné revendique la succession sans partage, mais ses deux frères Charles le Chauve et Louis (dit plus tard le Germanique) réclament une part de l’héritage et font alliance. En 841 à la bataille de Fontenoy (à côté d’Auxerre), les deux frères remportent une victoire décisive sur l’armée de Lothaire. Et en 842, par le serment de Strasbourg, ils scellent leur union et obligent Lothaire à négocier le partage de l’empire.

Les contours de ce partage seront dessinés à Verdun en 843. Charles se voit attribuer la Francie occidentale (France) et Louis la Francie Orientale (Germanie). Lothaire obtient la Francie médiane (Lotharingie d’où la Lorraine tire son nom).

Mais les guerres reprennent 3 ans plus tard, et la Lotharingie va rapidement se disloquer sous la pression de la France et de l'empire germanique qui ne cessent de livrer bataille pour se l'approprier.

Finalement, Verdun va rester sous la coupe de l'Empire Germanique pendant plusieurs siècles jusqu'à ce qu'Henri II, roi de France, entre le 12 juin 1552 dans Verdun qui n’oppose pas de résistance.

Le roi de France ne reste que quelques heures dans la cité épiscopale mais laisse en demeure une garnison de trois cents hommes. C’est le début d’un processus qui conduira au rattachement définitif de Verdun à la France, entériné en 1648 par le traité de Westphalie.

Après cette longue pause, on va grimper par les Gros Degrés pour rejoindre la cathédrale et, accessoirement, pour avoir de bons cuissots bien fermes...

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commentaires

Fardoise 25/08/2008 20:03

Merci Bartaga pour cette piqure de rappel, nous connaissons si mal notre histoire et surtout les dates importantes, ou tournants, comme on voudra, qui ont fait de l'Europe ce qu'elle est aujourd'hui. C'est bien de rattacher Verdun à la paix, nous avons tous dans les yeux les images des tranchées, et oui pour des gens de ma génération, Verdun c'est 14-18  (mon grand-père m'en a si souvent parlé).  Pour ce qui est du marché aux esclaves, je ne savais pas, mais c'est un passé dont nous ne sommes pas vraiment fiers, on en parle si peu dans les manuels d'histoire. Ceci dit, cette pratique n'était pas hors la loi alors et il est trop facile de juger avec nos yeux d'hommes de l'après siècle des lumières, il n'y a pas si longtemps après tout que l'esclavage est interdit... Et il existe toujours, clandestin, mais à notre porte. Alors !

sister for ever 19/08/2008 11:45

Merci pour ta réponse Jocelyn! nous sommes donc en tous points sur la même longueur d'ondes!Et désolée si mon commentaire a pu te blesser, ce n'était évidemment pas l'objectif!!Amicalement.

Jocelyn 18/08/2008 19:35

Il ne fallait pas voir en mes propos une manière de dénigrer le passé de Verdun. Je suis tout au contraire très fier de ma petite ville. Le fait que Verdun avait en cette période une influence toute aussi grande que Metz ne fait que rajouter à ma fierté d'être verdunois. Je me rends compte en me relisant qu'on a peut-être vu dans mes propos une critique de l'article parce qu'il n'évoquait pas l'esclavage. Ce n'était pas mon intention. Je ne souhaitais juste que souligner cet aspect parfois méconnu de Verdun (mais effectivement déja évoqué sur ce blog décidément génial). J'adore l'excellente idée de Bertaga de rappeler l'importance du Traité de Verdun : je suis prêt à parier que plus d'un Verdunois ne connaissent pas ce traité pourtant fondamental pour l'histoire de l'Europe. Je me garderais par ailleurs de juger l'esclavage, tant il est facile de critiquer aujourd'hui une pratique alors admise par une majorité.  Mon propos n'était que de souligner que mis à part ce célèbre traité (et bien sûr l'effroyable boucherie de 1916), Verdun avait pour d'autres raisons marqué l'Histoire de son empreinte. Cela me semble banal que de le souligner, mais je suis vraiment épaté par le travail accompli sur ce blog. Je me délecte de tous les articles. Chapeau bas.

Bertaga 19/08/2008 08:58


Il n'y a aucun problème Jocelyn ;)

Et si tu as des infos sur la période où Verdun était un marché aux esclaves n'hésite pas à me les envoyer.


sister for ever 18/08/2008 12:03

Non Bertaga je ne suis pas déçue... je vais pouvoir continuer à dire du mal des profs.... mais gentiment! il y en a plein dans ma famille - actifs et retraités confondus!!!

DID 17/08/2008 15:24

Ils l'ont super bien rénové.

Philippe Burlet

Un artiste verdunois qui roule des mécaniques

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