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Mercredi 19 mars 2008
Le cloître de la Cathédrale de VerdunLorsque vous entrez dans la cathédrale de Verdun vous pouvez apercevoir une porte dans le mur sud, de l'autre côté de la nef. Elle semble fermée et de prime abord on hésite à l'ouvrir de peur de violer un lieu interdit, pourtant il ne faut pas hésiter à la franchir car elle donne accès à un trésor architectural : le cloître.

De la construction du XIIe siècle il ne reste plus grand chose si ce n'est quatre statues monumentales représentant "Adam et Eve" (en train de tchatcher avec un serpent enroulé autour d'un pommier), "Caïn et Abel" (à peine surpris par l'apparition de la main de Dieu qui traverse les nuages pour leur chiper leurs offrandes), "l'Annonciation" (avec l'archange Gabriel qui explique calmement à Marie que Dieu lui a fait une surprise), et enfin un évêque qui pourrait bien être Saint Saintin dont je vous parlais dans cet article.

Au XVIe siècle, un certain Nicolas Masson, qui avait sans doute trop regardé D&CO sur M6, décida que tout cela était un peu ringard. C'est donc au pied du mur que l'on vit le Masson tout réaménager en style gothique flamboyant. Et je dois dire que le résultat est plutôt pas mal.

Ce qui frappe le plus ce sont les remplages (les dentelles en pierres dans les ouvertures). Ce qui frappent un peu moins c'est qu'ils sont tous différents ! Ca mérite le coup d'oeil. Les clés de voûtes sont également remarquables de par leur diversité (certaines représentent même des visages).

Le cloître de la cathédrale de VerdunUne porte située dans la partie orientale du cloître donne sur un couloir vitré qui mène à la salle capitulaire dans laquelle sont exposées, jusqu'au 24 mars, des oeuvres d'Ipoustéguy, sculpteur originaire de Dun-sur-Meuse et décédé en 2006. Je dois avouer que je n'ai pas trop accroché au style des tableaux exposés (pochoir, peinture soufflée et couleurs pastelles ne correspondent pas à l'idée que je me fais de la passion du Christ), mais ce que j'ai pu voir par ailleurs des oeuvres d'Ipoustéguy me donne envie de visiter d'autres expositions du Maître.

Je passe sur les bombardements de la Première Guerre mondiale qui ont tout saccagé et sur la reconstruction qui rendit le cloître encore plus beau qu'aupéravant et j'en viens au sujet qui fâche : figurez-vous qu'entre les deux guerres la partie centrale du cloître avait été aménagé en jardin, divisé en quatre par un cheminement qui menait aux deux statues situées au pied de la Cathédrale. Cela était du plus bel effet comme en témoigne cette photographie, mais cela n'est plus, ce petit jardin d'agrément ayant été remplacé par une pelouse des plus communes. Peut-être que si tout le monde écrit à l'Evêque de Verdun on pourrait récupérer cette aménagement qui sublimait le cloître...

Tiens ! Il y a une photo du cloître sur le blog de Casy.

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Mardi 11 mars 2008
Le carrefour des maréchaux à VerdunEt oui, vous avez bien lu, et vous aurez beau parcourir le Carrefour des maréchaux dans tous les sens vous ne trouverez que seize statues, celle du maréchal Joffre ayant bel et bien disparu.

Les plus observateurs d'entre vous me répliqueront : "c'est n'importe quoi ton article ! Il n'y a toujours eu que seize statues près de la Porte Neuve !". Ce à quoi je répondrai par l'affirmative, tout en précisant que Joffre a disparu AVANT la mise en place de ces militaires au coeur de pierre. Mais laissez moi vous conter leur histoire...

La réalisation de ces 17 oeuvres d'Art de 3 tonnes chacune avait été confiée entre les deux guerres mondiales à de jeunes artistes, Prix de Rome, et la destination prévue à l'origine était le musée du Louvre (vraisemblablement une série de niches dans la façade de la rue de Rivoli). Or, lorsque le travail fut terminé, on se rendit compte qu'elles étaient... trop grande. Trop la honte !

En 1960 le Maire de Verdun, François Schleiter, se dit que ces statues représentant des maréchaux, des généraux et un amiral, seraient du plus bel effet dans la cité héroïque. Il prit donc sa plus belle plume et André Malraux, alors Ministre d'Etat chargé des affaires Culturelles, lui répondit "Pas d'problème mon pote, en plus ça tombe bien on n'a plus d'place dans notre dépôt".

Et hop ! voilà les statues transportées jusque Verdun où elles resteront dans leur caisse pendant cinq ans, jusqu'à ce que le nouveau Maire, André Beauguitte, prenne enfin l'initiative de les mettre en place. Il ouvre donc le dossier qui sommeillait dans les archives et découvre, effrayé, qu'une des 17 statues a disparu. Il aura beau échanger de nombreux courriers avec les administrations qui avait été chargées de leur stockage et de leur transport, il ne retrouvera jamais la trace du Maréchal Joffre.

Pour l'annecdote, c'est la femme d'André Beauguitte qui récolta une partie des fonds nécessaires à la réalisation des socles grâce à une conférence qu'elle organisa au théatre de Verdun. Et c'est ainsi que ces militaires défunts se retrouvèrent en 1968 autour de ce carrefour qui portera désormais le nom de Carrefour des Maréchaux.

Joffre étant un des responsables militaires les plus controversés du XXe siècle (notamment en raison de sa stratégie militaire peu efficiente et extrêmement coûteuse en vies humaines lors de la bataille de Verdun), se pourrait-il que quelqu'un ait préféré le faire disparaître plutôt que de le voir trôner fièrement à cet endroit ?


PS : Merci à Dominique qui m'a prêté Plume de perroquet, le livre d'André Beauguitte qui relate, entre autres, cette petite histoire.

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Jeudi 28 février 2008
L'intérieur de la Chapelle Sainte CatherineVoici l'intérieur de la Chapelle Sainte Catherine de Verdun dont je vous parlais dans cet article.

Pour tout vous dire c'est carrément classieux : charpente en bois, vitraux, arcs gothiques, dorures, sculptures, peintures, etc. Tout cela vaut le détour.

La porte n'est pas souvent ouverte alors le mieux est peut-être de tenter votre chance les jours de messe.

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Jeudi 24 janvier 2008
Façade de la chapelle Buvignier de VerdunC'est en l'année 1570 du calendrier julien que l'Evêque de Verdun Nicolas Psaume fonda le collège des jésuites qui deviendra 3 siècles et demi plus tard le collège Buvignier.

La chapelle fut construite bien après le collège, de 1731 à 1735, par un architecte jésuite nommé René Maugrain sous l'épiscopat de Charles François d'Hallencourt à qui l'on doit également le Palais épiscopal qui abrite aujourd'hui le Centre Mondial de la Paix. Reliée dès son origine au collège, elle était le lieu des offices des frères jésuites, et elle recueillit le tombeau du coeur de Nicolas Psaume jusqu'en 1990, date à laquelle il fut transféré dans la Cathédrale.

Après avoir subit les bombardements des deux guerres mondiales, la chapelle est aujourd'hui désacralisée et a été reconvertie en salle d'exposition.

Si vous souhaitez briller en société, vous pourrez également faire remarquer à vos convives lors de votre prochaine soirée de charité que, d'une part, contrairement à l'idée reçue il ne s'agit pas de la chapelle Buvignier mais de la chapelle Saint Nicolas, du nom de l'ancienne église liée à l'hôpital Saint Nicolas qui se trouvait à cet emplacement ; et d'autre part, que ce Saint Nicolas n'a bien évidement rien à voir avec Nicolas Psaume puisque ce dernier n'a jamais été béatifié.

Façade du collège Buvignier de VerdunPour en revenir au collège, il a été reconstruit en 1890 par l'architecte Chenevier (à la même époque que le Mess des Officiers et le Théâtre), et c'est en 1910 que la municipalité de Verdun décida de lui donner un nouveau nom. S'en suivit un débat interminable pour déterminer lequel des trois frères Buvignier était le plus méritant. Armand Buvignier était Maire de Verdun ! disaient les uns. Oui mais Isidore était Député de la Meuse ! répondaient les autres. Mais alors que dire de Charles qui fut Sénateur ? Insistaient les derniers.

Au final, il fut décidé que le collège porterait le nom de la famille Buvignier toute entière qui avait fait tant de bien à Verdun et à la République, et tout le monde fut content.

Pour l'anecdote, on peut enfin noter que de nombreuses personnalités sont passées par ce collège. Citons simplement Jules Bastien Lepage qui y donna ses premiers coups de pinceaux, et le père de Danielle Mitterrand qui y officia comme proviseur en 1924. Il doit y en avoir beaucoup d'autres mais je laisse le soin aux milliers d'anciens élèves qui ont fréquenté les bancs du collège Buvignier d'en dresser la liste ci-dessous...

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Mardi 15 janvier 2008
Projections polychromes dans la cathédrale de VerdunPour changer un peu des longs textes voici une photo qui vous incitera peut-être à visiter la cathédrale de Verdun un après-midi ensoleillé plutôt qu'un triste matin d'hiver.

Les vitraux, détruits pendant la bataille de Verdun, ont été remplacés en 1930 par des réalisations signées Jean-Jacques Grüber, dont les projections polychromes sont du plus bel effet.

N'hésitez pas à cliquer sur la photo pour l'agrandir...

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