Verdun

Verdun, nous y habitons depuis peu mais nous sommes déjà séduits. Nous cherchons donc à casser l'image plutôt négative de cette ville, réputée pour être froide et austère.

Verdun,
on y vient en reculant,
on la quitte en pleurant.

Mardi 25 mars 2008
Varennes-en-ArgonneDans les articles qui vont suivre je vais vous montrer le rôle prépondérant qu'ont joué la Meuse et Verdun dans la Révolution Française. Pour commencer, voici l'épisode mémorable de la fuite du roi et de son arrestation à Varennes-en-Argonne. Et oui, pour ceux qui l'ignoraient : Varennes-en-Argonne se trouve en Meuse...

Petit rappel historique : en mai 1789 la France se trouve encore sous l'Ancien Régime, le marasme économique est tel que le roi, Louis XVI, accepte de réunir les trois ordres (Aristocratie, Clergé et Tiers Etat) au sein des Etats Généraux. Le Tiers Etat (la petite bourgeoisie) obtient que les votes se fassent dorénavant par tête et non plus par ordre, et devient ainsi majoritaire. Le 17 juin on assiste à la suppression des ordres et à la création de l'Assemblée Nationale. Le 9 juillet l'assemblée se réunit à Versailles et se proclame Assemblée constituante. Le roi n'aime pas trop l'idée mais il cède. A partir de maintenant c'est l'assemblée nationale, et par sa voix le Peuple, qui fait la loi.

La Bastille est prise le 14 juillet 1789 ; ce fait d'arme quelque peu inutile mais fortement symbolique marque le début officiel de la Révolution française. Les privilèges sont abolis le 4 août 1789 (pile-poil 216 ans avant mon mariage !), la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen est adoptée le 26 août, le Roi de France devient le roi des Français et se retrouve à appliquer les lois constitutionnelles depuis le Palais des Tuileries. Le 14 juillet 1790 le roi assiste à la Fête de la Fédération et prête serment à la constitution fraîchement établie.

Tout aurait pu se passer pour le mieux dans la meilleure des monarchies constitutionnelles possible mais Louis XVI, en bon chrétien, n'apprécie pas trop la politique anti-religieuse des députés (suppression de la dîme, nationalisation des biens du clergé, etc.) et il espère bien, d'une façon ou d'une autre, récupérer ses pouvoirs perdus. Il décide donc, sur les conseils d'un certain Mirabeau et avec l'aide d'Axel de Fersen de quitter Paris pour se rendre à Montmédy. Le plan est simple : Montmédy est le quartier général du marquis de Bouillé dont les troupes sont dévouées à la monarchie. Le roi espère ensuite pouvoir marcher sur Paris et écraser la Révolution dans l'oeuf.

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, voilà donc le roi qui prépare son baluchon et qui demande à sa petite famille de faire de même. Et hop ! Louis XVI, Marie-Antoinette, leurs deux enfants et leur gouvernante, ainsi que la soeur du roi embarquent séparemment à bord d'une berline et d'un cabriolet, avant de se rejoindre dans la berline à Claye-Souilly (77).

Afin de passer inaperçus chaque membre du convoi avait une identité d'emprunt : les enfants royaux et leur gouvernante devenaient la baronne de Korff et ses deux filles (le Dauphin étant déguisé en demoiselle pour l'occasion). Louis XVI et sa soeur se transformaient en intendant (M. Durand) et en dame de compagnie de la baronne, et Marie Antoinette d'Autriche prenait le rôle de gouvernante (Mme Rochet). Et pour ne pas attirer l'attention, la berline était tirée par six chevaux, privilège réservé au roi. Faut quand même être un peu couillon...

De son côté, Bouillé envoie des Dragons et des hussards à la rencontre du roi pour sécuriser la route.

Varennes-en-ArgonneAu petit matin, la disparition de la famille royale est constatée et Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, que les livres d'Histoire retiendront sous le pseudonyme de Marquis de La Fayette, envoie des courriers un peu partout pour ordonner l'arrestation des fuyards, tandis que l'assemblée constituante, pour faire bonne figure, annoncera officiellement que le roi a été enlevé.

La famille royale, de son côté, flâne, s'arrête pour pique-niquer et cueillir des fleurs des champs (la vitesse moyenne du périple ne dépassera pas 11km/h). Tant est si bien qu'à la nuit tombée la berline des fuyards n'arrive qu'à Sainte-Ménéhould (prononcer "Menou") où elle attire l'attention du responsable du relais, Jean-Baptiste Drouet, qui avait vécu quelques temps à Versailles et qui connaissait un peu la trombine du futur décapité. Mais le carrosse ne fait qu'une rapide pause et file déjà vers la Meuse. Drouet alerte la municipalité et il reçoit la mission de galoper jusqu'au poste suivant afin d'y faire stopper le roi.

Il se dirige donc avec son copain Guillaume vers la forêt d'Argonne, passe Les Islettes et entre le premier dans Varennes (Google Maps). Là, Drouet alerte les habitants et le procureur de la commune (l'épicier Sauce) et la petite troupe se préparent à accueillir ses invités de marque en barricadant le pont sur l'Aire, passage obligé vers Montmédy. La berline arrive vers 23h30 et se retrouve stoppée bien avant la barricade, au niveau de l'église Saint-Gégoult qui enjambe la rue (il n'en reste aujourd'hui que la tour sur la photo).

Les passagers, rapidement confondus, sont invités à descendre de voiture et passeront la nuit de la fête de la musique dans la maison du procureur Sauce, encerclée par la garde nationale et par des milliers de curieux attirés par le tocsin qui retentit. Les Dragons envoyés par Bouillé préfèrent retourner leur veste et, dès le lendemain matin, le roi et sa famille reprennent la route de la capitale, escortés par trois députés, la garde nationale varennoise, des Dragons et des milliers de badauds en colère.

La fuite du roi et son arrestation à Varennes-en-Argonne marquent un tournant dans la Révolution : la confiance entre le souverain et son peuple est définitivement rompue. Louis XVI est provisoirement destitué de ses pouvoirs, et la famille royale est assignée à résidence au Palais des Tuileries, et placée "sous la surveillance du Peuple".

A suivre...

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Lundi 24 mars 2008
Christian CantosAprès la Galerie Diastole Systole dont nous avions parlé dans cet article, voici une galerie tout aussi intéressante: la Galerie Art Action.

Située au 24Bis rue Saint Louis à Verdun, elle sert de salle d'exposition, d'atelier, mais également de résidence d'artistes. L'association qui gère cette galerie est née il y a maintenant dix ans avec dans la tête un panaché d'idées. Promouvoir la culture et les artistes, permettre des échanges entre les différentes formes artistiques (peinture, sculpture, photographie, mais aussi musique, poésie, théâtre, etc.), et surtout faire de cette galerie un lieu de vie dans lequel se côtoient régulièrement artistes et visiteurs.

Actuellement vous pouvez admirer les oeuvres de deux artistes. Le premier c'est Christian CANTOS, un peintre musicien dont les acryliques sur toiles au relief prononcé font apparaître de façon récurrente un élégant personnage en chapeau haut de forme. N'y connaissant pas grand chose en peinture, je dirais que les traits me font penser à Hugo Pratt et les couleurs à Enki Bilal. Bref, j'aime bien.

Le deuxième c'est Michel LEGER, fabriquant d'images depuis 1968 comme il se définit lui-même. Les photos qu'il expose ici ont été prises dans la ville, peu importe laquelle. Il se promène dans les rues et photographie les murs, principalement ceux des vieilles usines.

La Galerie Art Action a encore des projets plein la tête, et elle vient tout juste de créer son blog, n'hésitez donc pas à le visiter régulièrement pour connaitre les dates des prochains vernissages.

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Mercredi 19 mars 2008
Le cloître de la Cathédrale de VerdunLorsque vous entrez dans la cathédrale de Verdun vous pouvez apercevoir une porte dans le mur sud, de l'autre côté de la nef. Elle semble fermée et de prime abord on hésite à l'ouvrir de peur de violer un lieu interdit, pourtant il ne faut pas hésiter à la franchir car elle donne accès à un trésor architectural : le cloître.

De la construction du XIIe siècle il ne reste plus grand chose si ce n'est quatre statues monumentales représentant "Adam et Eve" (en train de tchatcher avec un serpent enroulé autour d'un pommier), "Caïn et Abel" (à peine surpris par l'apparition de la main de Dieu qui traverse les nuages pour leur chiper leurs offrandes), "l'Annonciation" (avec l'archange Gabriel qui explique calmement à Marie que Dieu lui a fait une surprise), et enfin un évêque qui pourrait bien être Saint Saintin dont je vous parlais dans cet article.

Au XVIe siècle, un certain Nicolas Masson, qui avait sans doute trop regardé D&CO sur M6, décida que tout cela était un peu ringard. C'est donc au pied du mur que l'on vit le Masson tout réaménager en style gothique flamboyant. Et je dois dire que le résultat est plutôt pas mal.

Ce qui frappe le plus ce sont les remplages (les dentelles en pierres dans les ouvertures). Ce qui frappent un peu moins c'est qu'ils sont tous différents ! Ca mérite le coup d'oeil. Les clés de voûtes sont également remarquables de par leur diversité (certaines représentent même des visages).

Le cloître de la cathédrale de VerdunUne porte située dans la partie orientale du cloître donne sur un couloir vitré qui mène à la salle capitulaire dans laquelle sont exposées, jusqu'au 24 mars, des oeuvres d'Ipoustéguy, sculpteur originaire de Dun-sur-Meuse et décédé en 2006. Je dois avouer que je n'ai pas trop accroché au style des tableaux exposés (pochoir, peinture soufflée et couleurs pastelles ne correspondent pas à l'idée que je me fais de la passion du Christ), mais ce que j'ai pu voir par ailleurs des oeuvres d'Ipoustéguy me donne envie de visiter d'autres expositions du Maître.

Je passe sur les bombardements de la Première Guerre mondiale qui ont tout saccagé et sur la reconstruction qui rendit le cloître encore plus beau qu'aupéravant et j'en viens au sujet qui fâche : figurez-vous qu'entre les deux guerres la partie centrale du cloître avait été aménagé en jardin, divisé en quatre par un cheminement qui menait aux deux statues situées au pied de la Cathédrale. Cela était du plus bel effet comme en témoigne cette photographie, mais cela n'est plus, ce petit jardin d'agrément ayant été remplacé par une pelouse des plus communes. Peut-être que si tout le monde écrit à l'Evêque de Verdun on pourrait récupérer cette aménagement qui sublimait le cloître...

Tiens ! Il y a une photo du cloître sur le blog de Casy.

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Dimanche 16 mars 2008
Sépulture de Raymond Poincaré à NubécourtC'est en nous rendant  de Verdun à Evres que nous sommes passés devant une étrange pancarte signalant que nous étions à proximité de la tombe du Président Raymond Poincaré. Nous étions alors en pleine campagne meusienne, dans le petit village de Nubécourt (Google Maps). Ni une ni deux, nous abandonnons provisoirement notre itinéraire d'origine pour nous garer quelques centaines de mètres plus loin, près de l'entrée de l'Eglise Saint Martin.

Le parcours fléché nous invite à contourner l'édifice gothique  du XVe siècle et à pénétrer dans un carré du cimetière réservé aux illustres descendants de la famille Gillon-Poincaré ; un petit écusson du Souvenir Français à l'entrée indiquant que cet espace est entretenu par cette association.

Ce carré privé du cimetière contient une vingtaine de sépultures dont la plupart sont surmontées de plaques de marbre ovoïdes ; et contre toute attente ce n'est pas l'ancien Président qui a la plus grosse. Par contre il a le droit à deux plaques car il est inhumé avec sa femme Henriette (c'est la tombe qui se trouve au premier plan).

Pour la petite histoire, Raymond parle de ce cimetière dans le cinquième Tome de ses Mémoires pour évoquer un souvenir douloureux  :

"La poste me communique un télégramme ainsi conçu : « Troyes, 25-9-14, 18 heures. Information, Paris. Allemands ont, à Nubécourt (Meuse), transformé en cabinets d’aisance concession mortuaire famille Poincaré, ont saccagé toutes maisons où était portrait Poincaré. » Cette nouvelle, telle qu’elle est présentée dans cette note de presse, ne m’est pas confirmée ; mais, d’après des renseignements précis que reçoit mon frère Lucien, les Allemands ont pris chez lui, à Triaucourt, et emporté sur des camions mes portraits et photographies ; et, chose plus odieuse, dans le petit village de Nubécourt, ils ont forcé la porte close de notre paisible cimetière familial pour inhumer plusieurs de leurs officiers auprès des tombes où mes parents et mes grands-parents dorment sous les pervenches, là même où ma femme et moi, nous irons rejoindre ceux qui nous ont tant aimés. J’ai quelque peine, malgré tout, à détourner ma pensée de ces horreurs…"

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Vendredi 14 mars 2008
La chambre des secretsAurélie vient de m'embarquer le plus gentiment du monde dans une des choses que j'exècre le plus sur Internet : une chaîne. Comme il ne s'agit pas ici de pourrir les boîtes mails de mes amis, je vais tout de même me laisser prendre au jeu. Ma mission, puisque je l'accepte, est donc de révéler six secrets et de contaminer ensuite six autres blogs. Allez hop ! Je mets cette photo prise dans la cathédrale de Verdun et je vous révèle mes secrets :

1- Au risque de briser un mythe, nous ne sommes pas arrivé à Verdun en reculant. En fait nous étions dans notre voiture et, Casimir pourra vous le confirmer, nous roulions bien en marche avant.

2- La plupart des photos de ce blog sont retouchées. Par exemple, il y avait plein de fils électriques sur la photo de l'église de Regret, et j'ai enlevé les branches qui traînaient sur celle du mémorial de Montfaucon. Il faut croire que ça ne se voit pas trop puisque personne ne dit rien.

3- Certains internautes sont arrivés sur ce blog à partir de google en tapant "combinaison moulante homme", "menace du martinet", "anarchie playmobil", "anti mousse puissant" ou "jingles radio gratuit". On se demande parfois à quoi ça sert de faire un blog sérieux et de qualité...

4- Dans l'article sur Saint Nicolas j'avais écrit qu'Arsène Lux se trouvait à droite sur la photo alors qu'il s'agissait en fait du Père Fouettard.

5- Le pseudo Bertaga provient du titre de l'album live des Bérurier Noir, "Viva Bertaga", enregistré en 1989 à l'Olympia. Pour trouver ce titre les Bérus s'étaient directement inspirés de l'univers de San Antonio, "Viva Bertaga" étant un de ses nombreux romans. Le groupe lui avait déjà piquer le nom de Bérurier, un des principaux personnages de sa saga policière.

6- L'article le plus lu sur ce blog ne parle même pas de Verdun. Il s'agit de celui sur l'Ossuaire de Douaumont.

Mission accomplie !

Je décide donc arbitrairement de contaminer :
Et pour voir s'ils ont de l'Humour :
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Nuit des musées

Musée de la Princerie
samedi 17 mai de 20h à 24h

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