Verdun

Verdun, nous y habitons depuis peu mais nous sommes déjà séduits. Nous cherchons donc à casser l'image plutôt négative de cette ville, réputée pour être froide et austère.

Verdun,
on y vient en reculant,
on la quitte en pleurant.

Dimanche 13 avril 2008
Mémorial Musulman de douaumont
Juste à côté de l'Ossuaire de Douaumont se trouve le mémorial aux combattants musulmans de la Première Guerre mondiale, souhaité par le Haut Conseil de la mémoire musulmane, et inauguré par Jacques Chirac lors des commémorations nationales du 90e anniversaire de la bataille de Verdun en 2006 (Google maps).

Près de 600.000 tirailleurs, goumiers et spahis, venus du Maghreb, d'Afrique sub-saharienne et de Madagascar, ont été enrôlés sous l'uniforme français lors de la Grande Guerre ; parmi eux 70.000 musulmans, dont 28.000 ne se relèveront pas.

Si des monuments dédiés aux soldats chrétiens et juifs existaient depuis les années trente sur le site de Douaumont, les musulmans devait se contenter jusque là d'une simple stèle rappelant le sacrifice des troupes coloniales.

Aujourd'hui, l'injustice est donc réparée avec ce monument de style mauresque, composé d'un déambulatoire de 25 m sur 19, agrémenté d'arcades et de murs crénelés, avec en son centre une koubba (coupole) en pierres de Meuse. Le tout aura été construit en un temps record : première pierre posée le 23 mars 2006, pourune inauguration en fanfare le 26 juin 2006.

A noter qu'avant de pouvoir construire ce monument il a fallu... déminer le terrain. Ce sont les démineurs du 13e régiment de Génie du Valdahon qui ont achevé ce travail en février 2006, mettant à jour 219 munitions, bombes, obus ou grenades dans ce petit périmètre ; ainsi que les ossements d'un soldat dont la confession restera à jamais inconnue.
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Mercredi 9 avril 2008
Exposition photographie au cora de Verdun
L'Office du tourisme de Verdun a contacté, il y a de cela plusieurs semaines, des photographes verdunois amateurs ou professionnels afin de leur proposer de réaliser des mozaïques de photographies. Un seul mot d'ordre : montrer des facettes de la ville de Verdun que l'on ne voit pas habituellement (ou que les verdunois ne regardent plus).

Comme vous vous en doutez j'ai été contacté avec d'autres blogeurs (Casy, Fabien, , Phoenix, Reg) et photographes professionnels (Jean-Marie Perrault, Lionel Studio, Jean-Luc Kaluzko). Chacun est venu avec ses photographies et il a bien fallu faire des choix parmis les centaines de clichés disponibles, puis mettre en forme toutes ces merveilles dans une série de panneaux d'1m10 par 1m10. Ce travail de titan a été réalisé par l'ami Dominique de la société Visuel Art (souvenez-vous, c'est lui qui avait déjà imprimé des panneaux pour une expo au Crédit Agricole).

Bref, les panneaux sont enfin prêts (et ils sont drôlement chouettes). Ils sont exposés pour la première fois, et jusqu'au 19 avril 2008, dans la galerie marchande de Cora dans le cadre d'une opération de découverte de la Meuse, en collaboration avec l'Office du Tourisme de Verdun et d'autres associations du coin (Connaissance de la Meuse, Meuse et Merveilles, Ô les masques !, et sûrement d'autres que j'oublie).

Après cela, ces panneaux devraient trouver une petite place dans les locaux du nouvel Office du Tourisme (Parc Japiot) et pourquoi pas tourner dans des écoles et se ballader de foires en foires pour montrer que Verdun ce n'est pas juste des croix et des ouvrages militaires en béton sous un ciel gris.

Au fait, l'expo s'appelle "Regards".

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Samedi 5 avril 2008
Chapelle de Saint RouinAu fin fond de la forêt d'Argonne, sur le territoire de la commune de Beaulieu (Google maps), se trouvent l'Ermitage et la Chapelle Saint-Rouin.

L'histoire de ce lieu remonte au lundi 17 septembre 680. C'est en effet à cette date que s'établit un pèlerinage consécutivement à un miracle effectué par un moine de l'abbaye de Tholey en Sarre, nommé Graudingus (il est aussi appelé parfois Chrodingus mais je vais rester sur Graudingus parce que je trouve cela plus rigolo). Bref, notre moine cherchant à évangéliser le Sud argonnais se retrouva face aux hommes d'arme du seigneur des lieux, un certain Austresius (qui donnera son nom au village Autrécourt). Chassé à grand coups de pieds dans le derrière, Graudingus entreprit un voyage à Rome où il se vit confirmer sa mission d'évangélisation.

Sur le chemin du retour, Graudingus se demandait bien comment il allait pouvoir s'attirer les bonnes grâces du méchant Austresius. C'est en arrivant en Argonne qu'il appris que la famille du païen seigneur était tombée malade. Rigolant dans sa barbe car il savait que Dieu était derrière tout cela, il fit boire à cette famille de barbares l'eau de la fontaine qui coulait dans les bois de Beaulieu. Et bien sûr tout le monde fut guéri, et devant ce miracle Austresius dut s'incliner.

La Chapelle de Saint RouinOn construisit dans cette forêt une chapelle dédiée à Graudingus qui, s'étant aperçu que son nom pouvait prêter à rire, préféra se faire appeler Saint Rouin. Et, comme la chapelle était détruite à chaque invasion, on la reconstruisit encore et encore au cours des siècles ; l'Ermitage n'apparaissant que des années plus tard.

En 1946 la chapelle s'écroula une nouvelle fois et on décida une nouvelle fois de la reconstruire suivant un concept... moderne que l'on doit au Père Rayssiguier (collaborateur de Matisse à la Chapelle de Vence). Béton banché, pilotis, formes simples et géométriques, le tout adouci par les créations d'une artiste de huit ans (Kimié Bando) à qui l'on doit les vitraux, le gratte-pieds (très important le gratte-pieds !), le clocher et les arabesques qui agrémentent l'aspect "décoffré brut" du béton. Quant à la porte très "design", elle est due à l'artiste Pierre Szekely.

La fontaine est toujours visible, ainsi qu'un retable de l'Assomption du XVIIIe siècle, seul vestige de l'église de l'abbaye de Beaulieu, situé un peu plus haut dans les bois et que nous avons malheureusement loupé.

Une bonne balade en perspective pour les curieux que vous êtes...
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Dimanche 30 mars 2008
Les virges de Verdun montent à l'échafaud
Dans l'article précédent nous avions laissé la ville de Verdun aux mains des prussiens. Nous sommes alors le 2 septembre 1792 quand le Général Kalkreuth entre en ville pour régler les formalités administratives de la reddition. Et tout à coup c'est le drame ! (on se croirait dans une émission de Julien Courbet). Au moment où la délégation prussienne s'apprête à quitter la ville un coup de feu retentit et un des lieutenants (un hussard ayant rejoint le camps prussien) tombe à terre.

La rumeur court alors que l'armée prussienne va raser la ville, et la municipalité envoie rapidement quelques représentants au quartier général ennemi afin de proposer des réparations convenables. Devant le refus prussien, la municipalité décide, en dernier recours, d'envoyer une délégation moins officielle au roi de Prusse : dix-sept jeunes femmes chargées de lui remettre, entre autres, une superbe corbeille de dragées de Verdun (Braquier existe depuis 1783). Mais Frédéric Guillaume, le roi de Prusse, ne les recevra même pas.

Et l'armée prussienne continua sa marche sur Paris.

Contre toute attente, elle fût stoppée par Kellermann à Valmy le 20 septembre 1792, et ce dernier reprendra possession de Verdun le 14 octobre 1792. "Vive la Révolution !" crient alors les habitants de Verdun fous de joie.

Mais avec la guerre qui fait rage et les rumeurs récurrentes de complots contre-révolutionnaires les premiers tribunaux révolutionnaires sont créés et la Terreur se met en place. Louis XVI est guillotiné le 20 janvier 1793, et en février les partisans de la Terreur, qui avaient besoin de trouver des responsables "contre-révolutionnaires" à la déroute de Verdun, écrivent alors leur version de l'histoire.

Moulin de Valmy
Pour eux, la population verdunoise avait pactisé avec l'ennemi. Des verdunoises, aguichantes et royalistes de surcroît, avaient revêtu leurs plus beaux habits pour fêter l'arrivée des prussiens qu'elles ont accueillis avec de riches présents. Un bal avait même été organisé ; un bal auquel aurait participé le roi de Prusse en personne.

Trente-cinq individus seront condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire pour avoir «conspiré contre le peuple français, en entretenant des intelligences et correspondances avec les ennemis de la France, tendant à favoriser leur entrée dans la forteresse de Verdun aux troupes prussiennes». Parmi ces individus on dénombre six femmes et huit jeunes filles, âgées de quinze à vingt-quatre ans. Seules les deux plus jeunes échapperont à la guillotine, leur peine étant commuée en vingt ans de détention.

Toutes ces têtes tomberont au fond d'un panier révolutionnaire le 26 avril 1794.

Cet épisode de la Terreur, inspirera malheureusement plus d'écrivains et de poètes que d'historiens, ce qui explique les nombreuses divergences et exagérations dans les récits qui nous sont proposés. Victor Hugo écrira qu'on a guillotiné une enfant de treize ans, tandis que d'anciens partisans de la Terreur affirmeront qu'aucune des femmes guillotinées n'avait moins de quarante ans. L'imagerie romantique de l'époque en fera des vierges (à cause des vêtements blancs qu'elles portaient en montant sur l'échafaud), et aujourd'hui encore il est difficile de démêler le vrai du faux dans cette histoire qui a inspiré tant d'oeuvres littéraires.


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Vendredi 28 mars 2008
Reprenons l'histoire de la Révolution Française où nous l'avions laissée dans l'article précédent, et voyons comment Verdun s'est retrouvée mêlée à tout cela...

Après son arrestation à Varennes le 21 juin 1791, Louis XVI est plus ou moins assigné à résidence au Palais des Tuileries et, bien qu'il reste le roi des Français, ses pouvoirs lui sont retirés ; pas pour très longtemps puisque l'Assemblée le rétabli dans ses prérogatives le 16 juillet 1791. Sa tête n'est pas encore prête à tomber...

De leur côté les monarques européens regardent d'un drôle d'oeil cette révolution française qui pourrait donner des idées à leurs peuples soumis. Et, de menaces en ultimatum, la France finit par déclarer la guerre à l'Autriche, et par le jeu des alliances à la Prusse, le 20 avril 1792.

En fait, c'est Louis XVI lui-même qui demande à entrer en guerre, espérant que ses voisins couronnés viendront l'aider à récupérer son pouvoir absolu et mettront fin à cette stupide révolution. De son côté, l'Assemblée, poussée par les Girondins, espère, elle,  répandre les bienfaits de la Révolution dans toute l'Europe.

Pour fêter cette guerre qui durera 23 ans, Rouget de l'Isle écrit une chansonnette facilement mémorisable, même par des soldats, chansonnette qui deviendra plus tard "La Marseillaise".

Pour être franc, je ne sais pas trop en quoi a consisté cette guerre jusqu'au mois d'août 1792. Toujours est-il, qu'à ce moment là les événements se précipitent. Quelques décisions royales provoquent la grogne du peuple, l'insurrection gronde, l'armée prussienne et les contre-révolutionnaires français en exil menacent Paris d'une «exécution militaire et une subversion totale» si quelqu'un fait du mal au roi ou à la reine. Le 10 août les sans-culottes s'emparent des Tuileries, le 11 août l'Assemblée nationale devenue législative met en place un conseil exécutif provisoire et instaure le suffrage universel. Le 13 août 1792 la famille royale est enfermée à la prison du Temple.

Forcément, la Prusse et l'Autriche ne sont pas trop contentes et elles engagent les hostilités aux frontières nord-est de la France le 19 août ; et pendant que Longwy capitule, à Verdun on se prépare à recevoir l'ennemi.

Il faut bien se rendre compte que l'armée révolutionnaire de fait pas trop la fiérote. La plupart des officiers et pas mal de soldats à tendance royaliste ont depuis longtemps quitté la France pour rejoindre les monarchies voisines, et l'Assemblée a beau lever quelques dizaines de milliers d'hommes, le compte n'y est pas. Pour couronner le tout nos amis sans-culottes avaient un peu oublié de tenir compte d'une éventuelle l'alliance de l'Autriche avec la Prusse.

Et à Verdun c'est encore pire. Les remparts, encore en travaux à certains endroits, sont intenables par manque d'hommes, de canons et de munitions adaptées. Devant cette situation aussi désavantageuse, le commandant de la Place de Verdun, le Général Galbaud, demande et obtient d'être affecté ailleurs, et il cède la patate chaude au plus ancien des officiers de la garnison : le lieutenant colonel Nicolas-Joseph Beaurepaire du bataillon de Mayenne-et-Loire.

Le 29 Août, Verdun est assiégée par les prussiens. Malgré l'inégalité des forces en présence, Beaurepaire et le conseil de défense de la ville décident de résister afin de bloquer la marche des prussiens sur Paris. Mais la résistance ne durera pas. Le 31 août 1792 débute le bombardement de la ville et dans la nuit du 1er au 2 septembre 1792 le Conseil de Défense finit par voter la capitulation contre l'avis de Beaurepaire.

Au petit matin on retrouvera le corps sans vie de Beaurepaire, tué d'une balle dans la tête. Même si certains affirment qu'il fût assassiné par des royalistes impatient de pactiser avec les prussiens, il semblerait plutôt qu'il se soit lui-même donné la mort pour l'honneur (et pour avoir un pont à son nom à Verdun).

Quoiqu'il en soit, les prussiens s'apprête à prendre possession de la Place de Verdun et à marcher ensuite sur Paris.

A suivre...

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Nuit des musées

Musée de la Princerie
samedi 17 mai de 20h à 24h

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